Les partis politiques et « l’impératif » front interne

La contestation sociale actuelle remet au goût du jour la question du «front interne». Les formations  politiques interrogées à ce propos le qualifient d’ «impératif» et d’outil «indispensable» à la prévention et à l’anticipation non seulement des menaces externes, mais aussi des dangers internes.

Car la contestation sociale est considérée, à cet égard, par certains partis comme un danger et une menace interne à prévenir indubitablement en amont avant même son déclenchement. Si le dialogue constitue un outil de prise en charge d’une revendication sociale déclarée, «le front interne» devrait quant à lui être un moyen de prémunition de la contestation avant son déclenchement.
C’est dans cette optique que Ahmed Chérifi, membre de la direction du Mouvement de la société pour la paix (MSP), relève que le front interne est une nécessité absolue dans tous les cas de figure pour, non seulement, faire face à des dangers ou des menaces mais aussi  pour s’entraider dans le cadre de réformes ou de projets institutionnels consensuels. «Cela fait longtemps que nous appelons à ce front interne autour de points communs sur lesquels nous devrions nous accorder», insiste-t-il. Parmi ces points communs, figure notamment les questions sécuritaires, la stabilité, la transparence des élections, le respect des lois et de la Constitution. «Quand le pays passe par une mauvaise conjoncture et des transformations institutionnelles et qu’une contestation sociale est déclenchée, elle va forcément influer sur le déroulement du processus de réformes», soutient-il, estimant que la grogne sociale actuelle peut influer sur le taux de participation aux élections. Dès lors, il préconise un front interne pour anticiper toute contestation.
Le président du Front de l’Algérie nouvelle (FAN),Djamel Benabdeslam, relève que la fonction prévisionniste du front interne ne devrait pas être uniquement l’apanage de formations politiques. De son avis, il devrait concerner l’ensemble des acteurs de la société y compris le citoyen lambda. «Il y a nécessité d’une contribution de tous pour construire ce mur interne qui constitue un des impératifs majeurs», lance-t-il. Il appelle dans ce cadre à une mobilisation importante et à une participation massive des électeurs aux prochaines législatives comme un pas important dans l’édification de ce front «pour défendre la Nation».
Nécessaire dialogue
Le mouvement El Bina, de son côté, mesure toute l’importance de cette union. «Nous avons de tout temps appelé à une cohésion interne pour préserver l’unité du pays contre les menaces internes et externes et une implosion sociale»,  rappelle Salah Hocine responsable de la communication du parti. Tout comme le FAN, il plaide pour une mise à contribution de l’ensemble des acteurs nationaux. «Il faut la collaboration  de tout un chacun. Il faut ouvrir un dialogue pour débattre des problèmes auxquels font face les algériens», estime-t-il, précisant  qu’il faut « inclure tout un chacun dans ce débat et sortir avec des résolutions qui engagent tout le monde».
Le  RND est aussi un fervent défenseur de cette idée. «Le renforcement du front interne contre les dangers et les menaces qui guettent notre pays est quelque chose d’indiscutable quand on tient à la pérennité et à la stabilité du pays», note d’entrée le directeur de la communication du parti, Safi Arabi, qui appelle à l’ouverture d’un vrai dialogue avec «le futur gouvernement issu des prochaines législatives pour faire face aux multiples dangers financiers, économiques, sanitaires, sécuritaires qui nous guettent». Toutefois, il juge nécessaire de rassembler les conditions pour sa création. «Il faut des concertations multiples avant d’annoncer une quelconque initiative du front interne et son mûrissement en amont en plus de l’élaboration d’une plateforme solide et bien définie», précise-t-il.
Le premier responsable du parti El Karama, Mohamed Daoui, n’en pense pas moins : «Tous les acteurs de la scène nationale,de la société civile aux partis en passant par le citoyen doivent travailler dans une démarche de solidarité et d’entraide pour sortir de la situation prévalant actuellement dans le pays», soutient-il.
Hakem Fatma Zohra