Des enfants de dirigeants de partis sur les listes électorales : Les tenants de la loi et de l’éthique divergent

La candidature aux législatives du 12 juin prochain des enfants de leaders de partis politiques alimente le débat sur les réseaux sociaux et dans la presse.

La réaction des citoyens, partagée entre compréhension et indignation, a contraint  les intéressés à rompre le silence et s’expliquer. N’empêche que pour certains il s’agit d’un «autre abus des rentiers de la politique, rejetés par le hirak qui veulent se réapproprier le pouvoir». Mais, ce n’est pas l’avis de tout le monde. Pour le  politologue Abdelkader Soufi, l’engagement politique est un droit constitutionnel. «Rejeter la candidature d’un citoyen sous prétexte qu’il est le fils ou la fille de tel ou tel responsable relève de la discrimination», juge-t-il. Selon lui, la loi est claire, «l’interdiction de la candidature de la descendance d’un ancien député ou personnage politique rejeté par le peuple n’est nullement mentionnée».
Le responsable de la communication du Mouvement El-Bina, Salah Hussein, regrette qu’on ait donné trop d’importance au sujet, car, fait-il remarquer, le nombre d’enfants de députés et de personnalités influentes candidats au prochain scrutin est insignifiant. «Le taux ne dépasse pas 0,5 voire 1%», assène-t-il, avant de rappeler que «toute candidature est consacrée par le règlement intérieur du parti à travers l’article 49 qui stipule que la validation des listes revient aux conseils consultatifs des wilayas».
Pour lui, il est tout à fait normal que ces enfants sous les couleurs des formations auxquelles appartiennent leurs pères. «Ce sont des candidats qui auront à  convaincre au même titre que les autres», poursuit-il. En d’autres termes, ils ne seront pas «parachutés» à des postes de responsabilité mais vont concourir comme tout le monde et se soumettre au verdict des électeurs. Toutefois, des politologues estiment que ce comportement suscite des suspicions et remet en cause le processus de renouvellement de la classe politique. «Un  parti politique perd de sa crédibilité lorsqu’il devient un tremplin pour la progéniture de ses responsables».
 Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El Bina, dont le fils  figure sur la liste d’Alger, accuse ses adversaires de créer une polémique qui n’a pas lieu d’être.
Il est opportun de rappeler que des députés ou des membres influents et même de chefs de parti empêchés par la nouvelle loi électorale de rempiler pour un troisième mandat ont porté sur leurs enfants sur les listes de candidature. Ainsi, pour contourner la nouvelle loi électorale, pas moins de quatre dirigeants du FLN ont opté pour ce stratagème. Au MSP, le fils de l’ancien président d’Aboudjerra Soltani a choisi de se présenter sur une liste indépendante. La fille du président actuel  de ce Mouvement a également déposé, fin avril, son dossier de candidature qui n’a pas été retenu par l’Autorité nationale indépendante des élections en raison de pièces manquantes.
Samira Azzegag