Législatives 2021 :  Un partenariat au service de la légitimité

La compétition politique peut maintenant commencer. Le coup d’envoi de la campagne électorale consacre l’avènement de l’Algérie des institutions représentatives de la volonté populaire.

La bataille de la légitimité est le point de rupture avec l’affairisme débridé et le système de quota qui a conduit à la tétanisation des instances de l’Etat et de la classe politique frappée de discrédit. L’argent sale n’a plus de place dans la nouvelle Algérie qui s’emploie également à la nécessaire refonte du paysage politique à travers un scrutin transparent et régulier. Cette mutation est confortée par le rejet des dossiers majoritairement présentés par des candidats en relation avec les milieux d’affaires (1199) ou condamnés de peine privative de liberté (281). D’autres causes ont été recensées, au cours d’une conférence de presse animée par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi. Mais, fondamentalement, l’engagement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, attaché à garantir des élections  intègres et à promouvoir une participation des jeunes et de la société civile, marque un changement en profondeur. La participation majoritaire des partis politiques (646 listes) et le nombre élevé des listes des candidats indépendants (837) caractérisent une compétition à chances égales aux antipodes du partisanat exclusif et de la marginalisation des compétences et des forces vives de la société. L’entrée en force des indépendants et, à leur corps défendant, le recours des partis en lice aux candidats non militants définissent les contours d’une compétition marquée du sceau d’une volonté de dialogue. Lors d’une rencontre inédite avec les représentants de 18 partis politiques, destinée notamment à examiner les préparatifs des élections et la désignation des représentants des partis dans les groupes de travail, le président de l’Anie a mis l’accent sur l’importance d’un partenariat efficient dicté par cette «relation naturelle» qui a permis la prise de décision consensuelle garantissant un déroulement régulier du scrutin. La présence des représentants des partis et des citoyens, par le biais de la plateforme numérique «Hofad Amana», à l’encadrement du processus électoral, assure un contrôle sans réserve du scrutin qui s’appuie sur les missions constitutionnelles de l’Anie aux moyens matériels et financiers renforcés. Le big bang du 12 juin est l’acte fondateur de la nouvelle Algérie rêvée par les artisans du mouvement citoyen du 22 février.
Larbi Chaabouni