Service public : La charte d’éthique fin prête d’ici juin

 La charte d’éthique des administrations et entreprises publiques sera prête d’ici le mois de juin. Une commission ad hoc s’attelle sur ce projet dont l’élaboration découle des recommandations sur la moralisation du service public retenues lors de la rencontre organisée par le Conseil national économique, social et environnemental (CNESE).

C’est ce qu’a fait savoir, à Horizons, Ali  Debbi, chef de division capital humain au sein de cette institution. Selon lui, cette charte fera office de moyen à travers lequel fonctionnaires et dirigeants s’engagent à améliorer le service public,  le rendre plus efficace et à respecter les valeurs éthiques.
«La charte constitue un moyen efficace pour promouvoir l’éthique dans l’administration, améliorer le service public et les relations de l’administration tant avec les citoyens qu’avec les opérateurs économiques», a-t-il dit, soulignant la volonté du gouvernement de renforcer la moralisation de la vie publique dans  toutes ses sphères.  La charte  vient ainsi rappeler au fonctionnaire ses obligations  et l’inciter à respecter les valeurs qui, parfois, sont carrément bafouées. L’objectif étant, a souligné le professeur en gestion économique, de rétablir la confiance, surtout après les scandales qui ont éclaboussé l’administration publique et dont de hauts responsables ont, aujourd’hui, des démêlés avec la justice.  In fine, «il faut qu’il y ait un respect des valeurs parles hauts fonctionnaires pour qu’il n’y ait pas de  dérive aux niveaux inférieurs», soutien Debbi, soulignant que pour arriver à la moralisation de la vie publique, il est nécessaire d’impliquer l’Ecole, la mosquée et l’Université. «Le travailleur  doit être  convaincu  que l’application des valeurs lui assurera une promotion et une émancipation dans son travail», note-t-il, ajoutant que des mesures incitatives doivent être également prises à cet égard.  Comment assurer l’application  et le respect de la charte ?  Sur ce point, Debbi  indique qu’une proposition a été faite pour que la question de l’éthique revienne tel un leitmotiv  et ancrée dans les esprits à travers des rappels et surtout des formations.
Un leitmotiv
 «C’est un travail au quotidien. Nous devons travailler sur le rappel  et la diffusion des valeurs. Nous avons proposé de faire signer la charte par le fonctionnaire  et les cadres dirigeants, lesquels devront impérativement connaître le contenu. Pour que ce document soit efficace, nous devons travailler en amont, sur la formation», insiste-t-il. Et pour cause, il relève que  certaines corporations comme celles des Douanes, des impôts ou de la santé ont déjà une charte dont certains fonctionnaires et même hauts responsables ignorent  le contenu.  Le professeur a fait savoir que la commission ad hoc, constituée de membres du CNESE, de l’Ecole nationale d’administration et de la Fonction publique,  a pour mission d’élaborer une charte  d’éthique généralisée à toutes les administrations et entreprises publiques. «Les différents corps sont appelés à concevoir leurs propres engagements moraux en lien avec leurs activités et qui s’inspireront de la charte générale», explique-t-il. Et d’ajouter : «L’éthique  n’est que complémentaire à  la loi qui, elle, est la pièce maîtresse». En clair, la moralisation du service public passera par la mobilisation des moyens, la réalisation des infrastructures, le renforcement des mesures de lutte contre la corruption, la numérisation à grande échelle et la facilitation des procédures administratives. Il est impératif également, selon le responsable du CNESE, d’assurer la protection au travailleur  lorsqu’il dénonce une dérive.  «Le fonctionnaire constitue l’élément central qui  garantit le meilleur secteur public», insiste-t-il. Et sur le plan économique, la moralisation du service public  permettra de booster les investissements et d’attirer les investisseurs étrangers.
Wassila Ould Hamouda