Des start-up contre la validation des avantages fiscaux par Algeria Venture

 

 

Des start-up désapprouvent la validation, par l’accélérateur Algeria Venture, des avantages fiscaux qui seront accordés à celles ayant obtenu le label. Pour les startupers, confier la validation des avantages fiscaux accordés aux entreprises disposant des labels «start-up» et «incubateur» au comité scientifique et technique de l’accélérateur Algeria Venture, comme stipulé dans le décret exécutif publié dernièrement au Journal officiel, est une démarche qui ralentirait le processus.

«La labellisation déjà prend beaucoup de temps. Cela nous a pris plus d’un an et les critères ne sont pas clairs. Pourquoi nous encombrer d’une autre procédure pour obtenir les avantages fiscaux alors que ces derniers doivent être octroyés de facto ?», se demande le gérant de la start-up Golden Corp, Bilel Bounil, soutenant que passer par cet établissement, prendra beaucoup de temps. Du même avis, le porte-parole de la start-up S. Five Group, Mohamed Chaouch, a jugé inutile de passer par un comité scientifique pour la validation des avantages fiscaux, alors que les entreprises et les incubateurs sont déjà passés par une commission pour avoir la labellisation. Et puis, s’interroge Bounil, quels sont réellement les avantages en question ? «Nous savons que les entreprises et incubateurs labellisés bénéficient d’avantages fiscaux. Mais, nous ne savons pas lesquels. Ce n’est mentionné nulle part. C’est peut-être la raison pour laquelle la validation de ces avantages est confiée au conseil scientifique d’Algeria Venture», estime-t-il.
Chaouch qualifie également de «flous» les avantages fiscaux dont bénéficieront les start-up et les porteurs de projets. «Des engagements sont pris pour simplifier les procédures au maximum aux start-up pour démarrer ou bien pour développer leurs activités. Des démarches ont même été mises en œuvre. Mais dans la réalité, l’effet de ces démarches est à peine perceptible. Nous continuons à nous débattre contre la bureaucratie et les lenteurs administratives !  Où est l’intérêt si nous ne pouvons pas jouir des avantages fiscaux dans les plus brefs délais ?», fait-il remarquer.
Il déplore, dans ce même contexte, les lenteurs dans l’attribution des certifications pour pouvoir exporter en Afrique. «D’un côté, on nous encourage à aller à l’export, mais de l’autre, on nous impose des démarches lentes qui nous découragent et nous poussent à abandonner. Exporter vers les pays africains doit être plus facile que vers les pays européens. Or, c’est le contraire qui se produit !», constate-t-il. Il confie, toujours dans ce volet, que le passage par l’Entreprises nationale d’agréage et de contrôle technique et l’Institut algérien de normalisation, pour certifier leurs produits, leur a coûté 700.000 DA. «Ce coût, c’est juste pour introduire notre demande de certification. Cela fait une année que nous courrons après cette dernière. Depuis que nous avons appris que cette certification nous coûtera entre 2 et 3 millions DA, nous pensons à laisser tomber ce projet. Nous ne sommes qu’une start-up aux ressources financières limitées, qui souffre aussi du préjudice causé par la pandémie de coronavirus», peste-t-il.
Farida Belkhiri