Le Pr Noureddine Smaïl, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie à Horizons : «Le protocole sanitaire est prêt»

Dans cet entretien, le Pr Noureddine Smaïl, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus, a abordé le protocole élaboré par le comité scientifique pour le retour des ressortissants algériens et la venue des étrangers en Algérie. Il s’est attardé sur les conditions sanitaires afin de préserver le pays des nouveaux variants.

Le comité scientifique a décidé, la semaine dernière, de donner son feu vert pour le retour des ressortissants et la venue des étrangers en Algérie…
Effectivement, mais il ne faut pas comprendre que la réouverture des frontières dépend de notre comité.  Après l’apparition des nouveaux variants, notamment indien, et pour éviter le scénario vécu par certains pays, on s’est dit qu’il faudrait qu’on anticipe toute décision d’ouverture en procédant à la mise en place d’un protocole strict pour empêcher la propagation des variants en Algérie, et à renforcer le contrôle au niveau des frontières, notamment en ce qui concerne les personnes qui viennent des pays ou des zones suspectés où sont propagés les nouveaux variants. Les scientifiques ont la responsabilité d’établir des protocoles sanitaires qui servent de moyen de surveillance et de protection supplémentaire contre la propagation de la Covid-19. Il faut dire aussi que pour l’instant, il n’y a pas de date précise et l’Etat maintient toujours la fermeture des frontières.
Quelles sont les conditions exigées ? 
Pour rentrer en Algérie, que ce soit pour nos ressortissants oupour les étrangers, nous exigeons un test PCR très récent, de moins de 36 heures, avant leur embarcation, au lieu de 72 heures, comme cela s’est fait lors de la dernière opération de rapatriement. Une fois sur le sol algérien, la personne effectuera sur place un teste antigénique. Si le résultat est négatif, il sera autorisé à rentrer, et dans le cas où le test serait positif, la personne sera soumise à isolement de dix jours dans un hôtel ou autre endroit, précisant que les frais sont à sa charge. Toutes ces personnes doivent signer l’engagement d’assumer tous les frais de la quarantaine. Notre but est de contrôler rigoureusement nos frontières et nous mettre à l’abri de ce qui se passe dans plusieurs pays. Il faut se rappeler aussi que l’ouverture des frontières n’est pas uniquement une affaire sanitaire, mais aussi économique, politique et sociale. J’imagine qu’au plus haut niveau de l’Etat, on prend l’avis de tout le monde, et en priorité, l’avis des scientifiques.
Pourquoi une PCR de 36 heures, au lieu de 72 heures ?
C’est une question de délai. Une PCR de 72 heures, c’est presque quatre jours, et pendant cette période, la personne peut être contaminée par le virus. Plus on réduit le délai, plus il y a moins de risque d’être porteur du virus. Si on a la possibilité d’exiger la PCR le jour même, on le fera.
Avez-vous mobilisé des endroits où ces personnes seront confinées ?
Oui, nous avons tout prévu. Les endroits où ces personnes seront isolées sont aussi désignés. Il faut se rappeler qu’on a déjà organisé des opérations de rappariement, donc la liste des lieux est prête.
Le suivi de leur état sera assuré au quotidien par des spécialistes. Nous voulons un suivi efficace et en temps réel.  En d’autres termes je dirais que la procédure de rapatriement est prête et on attend que la décision du chef de l’Etat.
Face à l’apparition de nouvelles mutations, la crainte des spécialistes est de voir ces variants prendre le dessus sur le virus d’origine, quelle est votre analyse ?
On fera tout pour éviter la propagation de ces nouveaux variants en Algérie. Pour l’instant, on ne sait pas est-ce que ces variants prendront le dessus surle virus d’origine. On sait que le virus va évoluer, surtout avec toutes ces mutations, mais on ignore pour le moment comment il sera demain.
La circulation de ces variants est-elle une nouvelle source d’inquiétude ?  
Absolument. Les scientifiques s’inquiètent toujours de l’évolution de ce virus. Pour le variant indien qui se propage depuis six mois, par exemple, on ne sait pas quand est-ce qu’il a fait son entrée en Algérie. Nous sommes inquiets face à cette menace. Donc, ce protocole mis en place par le comité est un tour de vis supplémentaire pour nous protéger contre ces nouvelles mutations.
Entretien réalisé par Samira Belabed