Journée internationale du vivre-ensemble en paix : Quand l’Algérie balise la voie

Le monde célèbre, ce dimanche, la Journée internationale du vivre-ensemble en paix. Une initiative algérienne, adoptée le 8 décembre 2017 par l’Assemblée générale des Nations unies.

L’Algérie arrache ainsi un énième triomphe diplomatique qui lui permet de confirmer son attachement indéfectible aux principes de tolérance, d’inclusion, de dialogue et de paix.  Il s’agit d’un projet qui a été formulé en 2014 lors d’un congrès à Oran de l’Association internationale soufie Alawiyya, avec le soutien de l’Etat. Il a été ensuite adopté par consensus par les pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) en décembre 2017. La résolution 72/130 a consacré le 16 mai Journée internationale du vivre-ensemble en paix. Le sociologue Mohamed Taibi a tenu à rappeler que le vivre-ensemble est   intrinsèque à la société algérienne. Sauf que quand des violences de conjoncture apparaissent, les gens doutent de ce vivre-ensemble. «Cette valeur partagée est un facteur déterminant dans les liens sociaux», confie-t-il, en précisant que les la société algérienne est bâtie surla fraternité. Taibi a fait remarquer que certainement, il y a des situations dangereuses, mais le principe du vivre- ensemble est ancré parmi les Algériens depuis des lustres. Il rappelle, à ce sujet, que l’Algérie est dotée de structures ancestrales qui veillent à la préservation de cette vertu. «Cette valeur du vivre-ensemble, il faut la renforcer sur le plan pédagogique en impliquant l’école dans la dynamique spirituelle sociale. L’Algérie a un capital symbolique qu’il faudra exploiter pour cette cause noble. Seules nos valeurs ancestrales  et notre culture traditionnelle peuvent nous unir. Il faut cesser de regarder ce qui nous vient de l’étranger. Cela est extrêmement dangereux. D’où l’importance de fructifier davantage notre patrimoine partagé», a-t-il expliqué.
Une valeur constitutionnelle
Le politologue Moussa Boudane revient sur les motivations de la proposition algérienne et les conditions dans lesquelles elle a été adoptée par l’ONU. De son point de vue, «le vivre-ensemble ne doit pas être un slogan creux. Il faut qu’il soit appliqué sur le terrain de la réalité, car il y va de l’intérêt national et international. Sans paix et fraternité, nous risquons de tomber dans de lourdes problématiques. Nous attiserons des guerres et des conflits inutiles qui porteraient atteinte à l’économie et au développement des nations», a-t-il indiqué. Boudane fera remarquer que des Etats adhèrent au principe alors que d’autres ne reconnaissent que le langage des armes. Mais l’Algérie, poursuit-il, «ne peut pas renoncer à cette journée qu’elle a elle-même initiée. Elle ne peut pas négliger une idée mondialement reconnue et approuvée. Elle a connu le colonialisme et le terrorisme. Donc, elle connaît parfaitement l’importance de cette valeur humaine. Elle doit juste veiller à ne pas tomber dans l’anarchie au nom des droits et des libertés». Il a rappelé dans ce sillage que l’Algérie adhère à toutes les conventions internationales prônant la paix et la stabilité dans le monde. Pas seulement, la Constitution prouve son attachement à ce principe et au respect des droits de l’homme. «La paix et la stabilité relèvent de la responsabilité et des devoirs des Etats dont l’Algérie. Il faut faire propager les principes de paix et de fraternité dans le monde. Ce qui passe par le bannissement de la violence et de l’ingérence dans les affaires internes des pays», a insisté Boudane, en précisant que l’Algérie n’a rien inventé puisque le vivre-ensemble constitue pour elle une valeur ancestrale et constitutionnelle.
Karima Alloun