Mohamed Daouadji, professeur des sciences politiques et des relations internationales : «Le slogan Djeïch Chaâb, khawa khawa est un exemple édifiant du vivre-ensemble»

Mohamed Hassene Daouadji, professeur des sciences politiques et des relations internationales, revient dans cet entretien sur les motivations de l’initiative algérienne concernant la consécration du 16 mai Journée internationale du vivre-ensemble en paix. Il dit que le hirak confirme toute la profondeur du principe car il a prôné des slogans exemplaires de fraternité et d’union nationale. 

Comment l’idée a-t-elle germé et quels en étaient les objectifs ?
Le principe du vivre-ensemble consacré aujourd’hui dans une journée internationale trouve son essence dans une initiative purement algérienne en effet. Une initiative approuvée par les Nations unies et ensuite par de nombreux Etats favorables à la démarche. Le vivre-ensemble est un principe fondamental de la société algérienne. L’Algérie a toujours eu pour credo la paix et la stabilité nationale et internationale. Elle n’a eu de cesse de plaider pour un climat de consensus et de paix. Il s’agit d’une excellente initiative qui reflète vraiment les fondements du pays et de toute la région nord-africaine. Nous prouvons à travers cette journée que nous sommes un peuple de paix et de civilisation. Nous confirmons aussi que nous avons des idées et que nous pouvons collaborer dans le bon sens avec la communauté internationale. C’est une journée qui s’inscrit de plain-pied dans les principes contenus dans la déclaration du 1er Novembre. Un document qui n’a pas omis d’évoquer les relations algériennes avec les pays voisins et tous les Etats.
Cette journée trouve-t-elle pleinement son sens dans le contexte actuel ?
Pour l’heure, elle demeure une journée symbolique. Pour l’appliquer vraiment dans l’univers actuel, il faut avoir de la force. Seulement, hélas, la balance de l’heure est en faveur des Occidentaux et la balle est dans le camp des puissances qui avaient dessiné les critères de l’ordre actuel après la Seconde Guerre mondiale. Nous devons construire une nation et une économie fortes pour pouvoir imposer le choix du vivre-ensemble. Pour le moment, cette journée reste un geste symbolique qui ne reflète pas vraiment la réalité du monde. Ce qui se passe en Palestine, en Syrie, au Yémen et dans d’autres Etats confirme que les principes et les lois internationales sont complètement bafoués. Nous devons œuvrer pour que ce principe soit une réalité palpable dans le contexte international.
Le vivre-ensemble, le ressent-on au sein de notre société ?
Nous avons vécu l’expérience du hirak. Un soulèvement populaire porté par des slogans d’une extrême valeur tel que «DjeïchChaâb, khawakhawa ». Ce qui confirme que quand les Algériens voudront vivre ensemble, ils chercheront la paix par tous les moyens. Ils ont toujours appelé à l’union, au rassemblement pacifique malgré les anomalies et les entraves de parcours. Le hirak est donc un exemple édifiant confirmant l’ancrage du principe du vivre-ensemble au sein de la société. Lequel s’est déclenché pour stopper le processus de l’exclusion. Les Algériens avaient refusé qu’une minorité soit marginalisée. Le hirak avait éclaté pour rassembler et non pour diviser. Ce qui entre toujours dans le cadre de cette Journée internationale du vivre-ensemble.
 
Un message à cette occasion…
Il faut dire aux Algériens qu’on n’a pas d’autre choix que de vivre ensemble et de s’unir derrière notre Etat, notre armée et notre société. Nous devons bâtir une Algérie forte et prospère qui reflète le passé de cette grande nation. C’est le rêve escompté par nos valeureux martyrs. Quant à la communauté internationale, elle doit revoir ses lois et ses pratiques en consécration aux valeurs humanitaires du vivre-ensemble.
Entretien réalisé par Karima Alloun