Importation des véhicules : Plusieurs verrous levés

Les concessionnaires automobiles sont actuellement en phase d’étudier scrupuleusement le décret exécutif portant nouvelles conditions d’exercice de leur activité, publié il y a deux jours au Journal officiel.

De prime abord, les concessionnaires se disent soulagés quant à la levée de plusieurs points qu’ils considéraient comme des verrous non négligeables, menaçant la pérennité de leur activité. Le président-directeur général du groupe Elsecom, Abderrahmane Achaïbou, a souligné que ce nouveau cahier des charges est plus souple que le précédent, indiquant que son équipe décortiquera les conditions techniques pour savoir comment se positionner. Il soutiendra, d’emblée, que le grand point qui constituait un frein pour les concessionnaire a été levé. Il s’agit de l’article 12 stipulant l’obligation au concessionnaire de fournir des documents attestant de la propriété des infrastructures, en moins de 64.00 m2. Une exigence que les concessionnaires ont rejeté en bloc réclamant de remplacer l’acte de propriété par un acte de location. Si le dispositif a été revu, dans ce sens, en vertu des modifications apportées au cahier des charges controverse élaboré par l’équipe de l’ancien ministre de l’Industrie, Ferhat Aït-Ali, il n’en demeure pas moins que ce point manque de clarté sur le maintient ou pas de l’exigence concernant la superficie, a souligné le PDG d’Elsecom. «Nous avons noté que les surfaces seront adaptées à l’activité. Ce n’est pas tellement clair. Mais de manière générale, lever ce verrou est une excellente décision que nous saluons fortement.  C’est un grand soulagement pour les concessionnaires, sachant que ce point a constitué un grand blocage», a-t-il dit.
«Des articles contradictoires»
Il ne cache pas, cependant, sa déception quant au maintien des articles 3 et 5 qui, selon lui, sont contradictoires à la nouvelle Constitution. Le premier article a trait à l’interdiction des Algériens non résidant de pratiquer l’activité de concessionnaire. «C’est incompréhensible. Pourquoi priver des Algériens qui sont établis à l’étranger. Nous ne comprenons pas les raisons surtout qu’ils sont interdits uniquement à cette activité», a-t-il dit. Evoquant l’article 5, Achaïbou a fait observer que limiter le concessionnaire à deux marques seulement «est également contraire à la liberté de commerce».  «Nous pouvons, par exemple, prévoir deux agréments par société, mais il est inconcevable, encore une fois, d’interdire d’avoir plusieurs marques. C’est comme une personne qui a construit deux hôtels et  a qui ont interdit d’en construire d’autres.» Pour le PDG d’Elsecom, il est également déplorable que les concessionnaires , les premiers concernés, n’aient pas été associés à cette révision. Le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (ACAM), Youcef Nebbache, a, lui aussi, exprimé sa satisfaction, soulignant que le nouveau cahier des charges est «plus souple que le précédent, essentiellement le point relatif à la levée de l’exigence d’obtention d’un acte de propriété».   Nebbache a appelé les banques à jouer leur rôle en améliorant les délais de traitement des dossiers. Pour ce qui est de l’importation de 15% du quota de véhicule électrique, il soutiendra que l’actuel décret enlève cette exigence, précisant que l’opération se fera en fonction de la demande. Selon lui, l’opération d’importation ne sera lancée que dans trois mois. Il a précisé que les concessionnaires ayant déjà déposé leur demande d’agrément devront refaire leur dossier, y compris ceux qui ont déjà reçu une réponse favorable.
Wassila Ould Hamouda