Salon du livre de Boudjima : Une quarantaine d’éditeurs et une centaine d’auteurs attendus

Après trois années d’interruption, le Salon du livre de Boudjima, une localité située à une quinzaine de kilomètres au sud de Tigzirt, sera de retour du 20 au 22 mai. Devenu un rendez-vous incontournable, il a suscité, au fil des éditions, un  engouement auprès des auteurs et lecteurs.

Pour sa 6e édition, la Bibliothèque communale  «Mohya» abritera des expositions de 37 maisons d’édition dont  Apic, Chihab, Barzakh, Alpha,Afriwen, Frantz-Fanon, El Amel, Casbah, Dalimen, Koukou, El Hibr et les presses du Cheliff. Près d’une centaine d’auteurs dont Amine Zaoui qui animera samedi prochain une conférence sur «le discours religieux et la nécessité de vivre ensemble», Youcef Merahi, Ali Mouzaoui, Mustapha Belfodil, ChawkiAmari, Rachid Oulebsir ont annoncé eux aussi leur participation. L’événement, organisé par l’APC de Boudjima, en collaboration avec les associations «Lyra Anza», «ACABM», «LACD», et «Un livre et une vie», permettra à de nombreux auteurs méconnus de faire la promotion de leurs écrits lors de ventes-dédicaces. Le pari, l’on disait à son lancement fou par des hommes et des femmes de cette commune rurale, à leur tête le maire, Smail Boukherroub, est remporté. «Au départ, raconte l’édile, il fallait trouver un moyen de désenclaver la région qui souffrait énormément d’un déficit culturel car pratiquement aucune manifestation n’y était organisée.» «Le salon, poursuit-il, a offert un tremplin aux associations locales qui sont sorties de leur carcan et aux jeunes de découvrir l’univers de la lecture et de l’’écriture.» C’est ainsi qu’est né un salon du livre pour enfants organisé par une association du village d’Afir situé à un jet de pierres de Boudjima et «les belles nuits du mois de Ramadhan», un événement artistique qui attire des spectateurs de toute la région et de wilayas limitrophes.
Écrire est un acte de résistance
La manifestation qui sera inaugurée jeudi prochain, est placée sous le thème «Citoyenneté active». «Elle est revenue grâce à la mobilisation de différents acteurs de cette localité et du monde du livre, conscients que la transmission du savoir, des expériences humaines, de nos mémoires et de l’Histoire, se fait par le livre», lit-on dans le catalogue de présentation de la nouvelle édition. «Ecrire est aussi un acte de résistance à l’adversité et aux turbulences», rappelle-t-on. Les organisateurs n’ont pas manqué aussi d’inscrire l’événement dans l’actualité vivante que connait le pays depuis deux années avec le Hirak qui «aura fait et fait encore l’objet de publications et inspiré nombre de nos belles plumes qui ont exhumé, rassemblé, reconstitué des pans entiers de notre mémoire collective méconnue ou déformée». Le 21 mai Kamel Daoud et Adléne Meddi parleront du «journaliste et écrivain au temps du Hirak».La veille, c’est le sociologue Mohamed Mebtoul qui évoquera «les enjeux de la citoyenneté». Le programme comporte aussi des ateliers d’écriture, de peinture, de coloriage et pâte à modeler et de Recup’Art et un spectacle de rue et des contes pour enfants et adultes.
Rachid Hammoutène