Agression sioniste : Ghaza résiste

L’armée d’occupation israélienne a mené ce lundi une intense série de frappes sur Ghaza, après une semaine noire ayant fait quelque 200 martyrs alors que les mouvements de résistance, notamment le Hamas, ont tiré plus de 3.100 roquettes vers des territoires occupés depuis le début des hostilités meurtrières le 10 mai.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’aviation israélienne a pilonné la bande palestinienne à des dizaines de reprises en l’espace de quelques minutes, provoquant des coupures de courant, selon des médias. Des centaines de bâtiments ont été endommagés, d’après les autorités locales, qui n’ont pas fait état de victimes dans l’immédiat. Ces nouvelles frappes israéliennes interviennent alors que l’enclave a enregistré dimanche son bilan quotidien le plus lourd depuis le début de ce nouvel épisode de violences: 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont péri dans des raids, selon le ministère de la Santé local. Au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1.200 blessés. Côté israélien, 10 personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées après des tirs de groupes de résistance palestinienne depuis Ghaza.
Dimanche, l’aviation d’occupation a frappé les domiciles du chef du Hamas à Ghaza, Yahya Sinouar, et de son frère. Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe mais on ignore le sort des deux frères. Réagissant à cette brutalité, le président iranien Hassan Rohani et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont souligné dimanche la nécessité d’agir au niveau international pour s’opposer aux attaques israéliennes  contre les Palestiniens.
Au cours d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants, M. Rohani a déclaré que la cause palestinienne était le problème commun le plus crucial et le plus pressant de la communauté musulmane mondiale, a indiqué le bureau présidentiel iranien dans un communiqué.
Le président iranien a exprimé la volonté de Téhéran d’échanger des vues et de renforcer la coopération Téhéran-Ankara pour résoudre les crises en cours en Asie occidentale, dont les crises syrienne et yéménite.
Pour sa part, M. Erdogan a décrit les attaques israéliennes contre les Palestiniens comme très préoccupantes, et a appelé à une réaction forte de la part de la communauté internationale, a déclaré le bureau présidentiel iranien.  Le président turc a également espéré qu’une réunion de coopération stratégique Ankara-Téhéran se tiendrait dans les mois à venir pour renforcer la coopération entre les deux pays.
Le Conseil de sécurité de l’ONU échoue à adopter une déclaration
Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui s’est réuni dimanche publiquement pour une troisième session d’urgence sur le conflit israélo-palestinien depuis une semaine, n’a pas réussi à adopter une déclaration commune ni de propositions permettant d’aboutir rapidement à une cessation des hostilités. Selon plusieurs diplomates, les Etats-Unis, à la position jugée incompréhensible pour nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration conjointe. Depuis une semaine, Washington, isolé, a déjà rejeté deux textes proposés par trois membres du Conseil: la Norvège, la Tunisie et la Chine. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté «l’obstruction» américaine pour faire adopter une déclaration. «Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures» et «à cause de  l’obstruction d’un pays», il «n’a pas été capable de parler d’une seule voix», a-t-il déploré en demandant à Washington «d’assumer ses responsabilités» à l’ONU. Les deux premières sessions d’urgence du Conseil de sécurité s’étaient tenues à huis clos et les Etats-Unis, qui préféraient attendre mardi, ne voulaient pas de la réunion de ce dimanche. Leur ambassadrice à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, s’est bornée à réclamer une cessation «du cycle de  violences», assurant que son pays «travaillait sans relâche pour une fin des hostilités» et «une paix durable». En ouverture de la session, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde le Conseil de sécurité sur le risque d’«une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable» dans la région si un cessez-le-feu n’était pas rapidement imposé. «Ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement», a-t-il martelé. Un appel largement repris à leur compte par nombre de pays ayant choisi de faire participer un ministre à la session dimanche, de la Russie à la Tunisie, en passant par la Norvège ou l’Irlande, afin de marquer leur engagement diplomatique dans le conflit. Le Niger, par la voix de son ambassadeur Abdou Abarry, a réclamé de faire «reconnaître aux Palestiniens les mêmes droits» que ceux qui sont accordés à Israël, notamment celui «de se défendre».
La session virtuelle a, par ailleurs, donné lieu à des diatribes réciproques récurrentes des Palestiniens et des Israéliens. Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a accusé Israël de «crimes de guerre», dénonçant «l’agression» de l’Etat hébreu contre «le peuple» palestinien et ses «lieux saints».«Certains ne veulent pas utiliser ces mots (crimes de guerre et crimes contre l’humanité) mais ils savent que c’est la vérité», a-t-il dit. «Israël est impitoyable et implacable dans la poursuite de sa politique  coloniale», a-t-il ajouté. L’ambassadeur de l’Etat d’occupation aux Etats-Unis et à l’ONU, Gilad Erdan, a demandé au Conseil de sécurité de condamner les «tirs aveugles de roquettes» tandis que le ministre palestinien réclamait à l’instance «d’agir» pour arrêter l’offensive israélienne, se demandant combien il allait lui falloir de morts palestiniens pour se «scandaliser».
L’OCI appelle à mettre fin aux opérations militaires de l’occupant
L’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui a convoqué dimanche dernier une réunion d’urgence virtuelle de ses ministres des Affaires étrangères, a condamné les attaques de l’entité sioniste contre les Palestiniens, et a exhorté la communauté internationale à agir immédiatement pour faire cesser les opérations militaires de l’entité sioniste. Cette réunion s’est tenue à la demande de l’Arabie saoudite, a rapporté  l’agence de presse officielle saoudienne. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhanben Abdullah, a présidé la réunion. Il a attiré l’attention sur les violations flagrantes du caractère sacré des sanctuaires islamiques par  l’entité sioniste, sur les attaques commises contre les fidèles et les civils palestiniens, ainsi que sur les violations israéliennes de toutes les résolutions internationales, a indiqué l’agence de presse.
Le secrétaire général de l’OCI, Youssef ben Ahmed Al-Othaimeen, a quant à lui déclaré que les mesures prises par l’entité sioniste n’aidaient pas le processus de paix à progresser, mais ruinaient au contraire les efforts sincères déployés en vue de parvenir à une solution juste, globale et  durable.  Il a réaffirmé la solidarité de l’OCI avec le peuple palestinien dans ses efforts pour se doter d’un Etat correspondant aux frontières de 1967 et avec El-Qods Est comme capitale.
Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a exhorté les ministres des Affaires étrangères de l’OCI à former un front international pour s’opposer aux crimes de l’entité sioniste et à l’escalade de la violence contre les Palestiniens.