Adhésion de l’Algérie à la Zlecaf : Le rôle crucial de la diplomatie

Les orientations du président de la République, AbdelmajidTebboune, relatives à l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), partent de bonnes intentions mais la réussite de cette démarche dépend, essentiellement, selon les experts de l’export, de notre politique étrangère.

Si notre politique étrangère, estime l’expert dans l’export, Khaled Begar, avait su tirer profit des aides de solidarité que l’Algérie octroyait aux pays africains, de l’ouest surtout, le pays n’aurait pas pris autant de temps pour adhérer à la Zelcaf et bénéficier d’avantages douaniers. «Nous avons un retard de 20 ans ! C’est leurs politiques étrangères à la Tunisie et au Maroc qui leur ont permis de bénéficier de ces avantages depuis plusieurs années déjà», estime-t-il, soutenant que si notre politique étrangère favorisait la présence de nos entreprises dans les foires internationales, le pays aurait gagné en avantages douaniers et en volumes à l’export.
Si l’Algérie souhaite réellement réussir son adhésion à la Zelcaf, assure-t-il, notre politique étrangère est appelée à s’impliquer, à se montrer agressive lors des négociations. «Le but est d’obtenir les mêmes avantages douaniers que les autres. En parallèle, nos producteurs doivent se former dans l’export et nos exportateurs à actualiser leurs connaissances afin de s’introduire sur les marchés africains d’une façon plus efficiente», dit-il.
Pour l’expert en économie, Hamza Boughadi, l’adhésion à cette zone ne se limite pas à la signature d’un accord mais exige aussi toute une préparation d’outils et d’infrastructures nécessaires à l’encadrement du flux de ces échanges. «Ce qui est demandé, ce sont des infrastructures douanières pour faciliter les opérations et la rapidité, des listings de produits étudiés sur la base d’une analyse et de recensement prêts à être exportés et la mise à niveau de nos entreprises dans les métiers à l’export, la recherche, le ciblage et l’étude des marchés…tout en étant à leur écoute pour identifier les lacunes et orienter les réformes dans le bon sens», indique-t-il. Comme la Zlecaf, remarque-t-il, est une opportunité pour tous les pays africains, l’Algérie doit prendre conscience du facteur de la concurrence et de la protection de ses produits contre certaines pratiques néfastes et dangereuses pour la sécurité nationale.  «D’où l’importance d’un personnel compétent, un cadre juridique plus élaboré et des moyens technologiques pour le contrôle. Les biens et services sont le point fort du marché africain et les avantages qu’on pourrait en tirer concernent l’annulation de taxes sur les opérations des échanges intra-africains. Le marché africain reste plus accessible qu’un marché européen marqué par une grande concurrence et savoir-faire», explique-t-il. Nos opérateurs économiques, selon lui, ont la possibilité de développer leurs activités, leurs produits et services ainsi qu’élargir leurs projets à travers cette zone, en tissant des liens nouveaux avec les autres pays africains. «La Zelcaf est un pas vers l’ouverture économique de notre pays sur le monde et un apprentissage pour les différents acteurs. Néanmoins, pour tirer avantage de cette zone, cela nécessite un travail énorme sur nos outils de production, dans l’industrie surtout qui doit se diversifier, se conformer et s’enrichir tout en accélérant les réformes nécessaires sur le système fiscal, bancaire, les investissements et la numérisation», souligne-t-il.
Farida Belkhiri