Université algérienne : Fidélité aux valeurs historiques 

La volonté des pouvoirs publics de hisser l’Université algérienne à un niveau d’excellence s’inscrit dans l’esprit du 19 Mai 1956 et au-delà de celui de la révolution qui consacre l’égalité des chances pour les Algériens en matière d’accès aux études supérieures.

Depuis l’indépendance, des universités ont été ouvertes aux quatre coins du pays. Toutefois, cette ambition pâtit du piètre classement de nos universités. Certes, les méthodes appliquées par les organismes d’évaluation avantagent les pays où la recherche scientifique s’est développée. Cependant, nul ne peut nier l’effort consenti par notre pays. Ainsi, on peut citer l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène dont les diplômés ont confirmé leurs compétences, y compris dans les pays développés. Elle s’est dotée de moyens adéquats pour se mettre à l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour se préparer à devenir une référence pour les pays du Sud.
L’Etat a investi massivement afin d’assurer un enseignement qualitatif particulièrement depuis le début de la pandémie de la Covid où il fallait recourir à l’enseignement hybride. Pour Messaoud Amamra, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, «le défi a été relevé par l’ensemble des acteurs du secteur qui se sont adaptés à une conjoncture exceptionnelle». Saluant la mobilisation des enseignants, il souligne que «la pandémie a accéléré un processus de modernisation qui ne peut se faire sans la généralisation du numérique et l’intégration des nouvelles technologies».
Evoquant la stratégie qui se met en place pour revaloriser l’Université, il souligne que celle-ci exige du sérieux et du travail. Amamra se dit optimiste au vu de la forte mobilisation des enseignants et met en avant le rôle des étudiants dont le savoir et les compétences sont importantes pour faire progresser la société et le pays. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane, avait  insisté, depuis son installation, sur l’ouverture de l’Université sur son environnement. Il a également encouragé l’entrepreneuriat et l’innovation. Depuis, des partenariats ont été conclus avec différents secteurs pour concrétiser des projets de recherche et de fins d’études. Selon lui, «la visibilité et la performance des universités exigent une ouverture sur le monde qui encouragera la concurrence et l’innovation». Mais au préalable, «il faut s’ouvrir sur sa propre société», a-t-il recommandé tout en plaidant pour «la création d’un environnement de travail innovant et d’un marché prometteur à haute valeur économique». Un travail est en cours pour encourager l’entrepreneuriat. L’autre objectif est l’édification d’une base solide en matière de recherche et de développement, et l’investissement des techniques et outils de l’intelligence artificielle.
A en croire le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique, 180 chercheurs sont présents en entreprises. Toutefois, reconnaît le Pr Hafid Aourag, la stratégie pour transformer le «savoir» en «savoir-faire» bute toujours, en dépit des engagements des pouvoirs publics, contre des obstacles.
Samira Azzegag