Voix d’étudiants

 L’accession aux études supérieures est synonyme d’un avenir radieux. L’Université a cette particularité à travers le monde d’offrir une multitude d’opportunités de formation et de connaissances dans toutes les spécialités.

En cette journée spéciale qui met en lumière la communauté universitaire, des étudiants se sont exprimés sur les conditions de l’enseignement, les moyens matériels et humains mis à disposition…
Contactés par Skype, pandémie oblige, Yanis Aïdeli, étudiant en archéologie en master 2, à Alger, tente de résumer la situation qui prévaut dans les universités. «Avant d’aborder l’actualité du secteur, un hommage s’impose aux sacrifices des militants de l’Ugema qui ont intégré la lutte armée et politique durant la Révolution. Ils étaient des étudiants bien installés qui ont préféré de quitter leur confort pour participer à l’effort de guerre en Algérie et ailleurs», a confié notre interlocuteur.
L’Université est confrontée à des problèmes multiples depuis des années, sur tous les plans. De l’hébergement à la restauration, en passant par les programmes d’enseignement et la recherche scientifique, aucun segment n’a connu un progrès. «Une réforme globale s’impose pour sauver les meubles. Nos journée à l’université et dans les cités se suivent et se ressemblent. Entre traîner dans les espaces verts et les jardins de l’enceinte universitaire, et assister aux cours, c’est le vide sidéral. Et je suppose que c’est le cas de la majorité d’entre nous. A part les conférences et les bibliothèques, il n’y a pas d’autres moyens d’avancer dans nos études. Des rencontres-débat et d’échanges entre étudiants et enseignants pour discuter sur les thèmes relatifs à nos spécialités sont presque inexistantes», a soutenu Aïdeli.
De son côté, Lilian Khaddi, étudiante en master 1 en sociologie à l’université Kasdi-Merbah d’Ouargla, a insisté sur la qualité de la formation. «La plupart des enseignements datent des années 1970 -1980. Les sciences sociales et humaines ont tellement progressé que nous n’arrivons pas à suivre. Enseignants et étudiant sont dépassés, et une actualisation des programmes est urgente», a-t-elle soutenu.
Dans ce sillage, Khaddia mis l’accent sur les avancées réalisées dans le domaine à travers la recherche, et de nouvelles théories voient le jour chaque année. «Dans ma spécialité comme dans d’autres filières, je note que même le volet théorique enseigné est hors temps. Justement, pour être au diapason de ce qui est dispensé ailleurs, la documentation fait absolument défaut si ce n’est l’internet et les revues spécialisées», a-t-elle reconnu.
Abondant dans ce sens, Lala Dawia Achouri, étudiante en architecture, déplore le manque de l’enseignement pratique. «Je viens d’Oran pour poursuivre mes études. Notre quotidien est vraiment dur. Dès le début de l’année, on court dans tous les sens pour obtenir une chambre dans une cité U qui est loin d’être confortable vu la surpopulation. Au courant de l’année, les files d’attente devant les restos et les arrêts de bus universitaires nous absorbent complétement. Les problèmes  journaliers relatifs à la vie sociale prennent le dessus sur le volet formation», raconte la jeune Oranaise.
En somme, selon elle, «nous consacrons à peine 30% de notre temps aux études et ce n’est pas pour s’amuser».
Enfin, Aïdeli a rappelé les files d’attente devant le campus France de milliers d’étudiants pour avoir un visa d’études et d’exil. «Tant que notre Université persiste dans la médiocrité et le manque de moyens, les jeunes Algériens n’auront d’autre choix que de prospecter des cieux plus cléments», a-t-il fait observer.
Karima Dehiles