La légalité et rien que la légalité

La victoire de la diplomatie algérienne a remis à l’endroit la cause palestinienne oubliée de tous. Comme de coutume, fidèle à ses traditions d’efficacité et de professionnalisme, elle a contribué à lever la chape de plomb qui pèse sur le destin d’un peuple dépossédé de ses terres et menacé de «bantoustanisation» par le néo-apartheid béni par les prêcheurs des droits de l’homme à géométrie variable et les adeptes de la normalisation de toutes les forfaitures. Le silence abyssal de l’Europe officielle, traficotant avec le fameux «devoir d’ingérence humanitaire» de triste mémoire, la partialité de l’Amérique en rupture avec la légalité internationale et ses principes fondateurs et, par-dessus tout, la décomposition en état avancé du monde arabe signent le temps des complicités avec les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis en toute impunité par le sionisme génocidaire. La dérive sanguinaire est perceptible dans l’abandon par le Conseil de sécurité de sa mission première de maintien de la paix et de la sécurité. Elle révèle davantage la lente agonie de la Ligue arabe plus prompte à sévir contre les siens, enlisée dans des guerres intestines marginales et oublieuse de sa vocation de défense collective contre toute agression extérieure. Au service de la légalité, l’Algérie a mobilisé tous ses moyens pour protéger la population palestinienne en danger d’extermination. Au sein de la Ligue arabe et de l’instance onusienne, elle a mené des efforts inlassables pour agir et prendre les mesures adéquates garantissant le droit inaliénable du peuple palestinien à l’indépendance. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a interpellé la communauté internationale sur la persistance d’un silence aussi effarant : «Peut-on rester inertes, les bras croisés derrière nos écrans, en comptant les centaines de morts et de blessés, dont des femmes, des enfants et des vieux, sans compter les dégâts considérables causés aux infrastructures ?!», s’est-il interrogé. L’alibi du «droit à la sécurité» de l’entité sioniste que ni les Palestiniens et, encore moins, les pays voisins tentés par la normalisation rampante n’ont jamais menacé ne tient plus la route. Par-delà les prétextes fallacieux, la paix durable est indissociable du droit du peuple palestinien à une vie digne et souveraine. Le cessez-le-feu est, certes, un pas important mais le chemin reste encore long dans la recherche d’un règlement juste et définitif de la question palestinienne.
Horizons