Le député entre mission locale et nationale : Un dilemme

 Quels seront le rôle et l’apport des futurs membres de l’Assemblée populaire nationale dans le développement local à l’aune de la nouvelle Constitution ? Rien que pour son statut, à savoir «élu du peuple», le député devra jouer un rôle prépondérant dans cette perspective. C’est-à-dire apporter un nouveau souffle à la collectivité locale, particulièrement dans les régions déshéritées, et, surtout, avoir une vision globale du développement national. 

«Le rôle essentiel d’un membre de l’APN est de légiférer, mais il a aussi un rôle important dans le développement local compte tenu de son statut qui lui permet d’accéder, sans contrainte, aux institutions de l’Etat et aux différents ministères. L’élu national a pour mission de soulever les problèmes des régions aux premiers responsables de l’Etat à travers des séances plénières ou  des rencontres», relève Mohamed Guerichi, élu à l’APW, président de la commission éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle du FLN. Selon lui, le député ne doit pas se limiter à la collecte des doléances, mais il doit être présent sur le terrain dans le cadre d’un travail de proximité en vue de se rapprocher plus des citoyens et être à leur écoute.
Le professeur en économie Abderrahmane Mebtoul met en avant les enjeux des élections législatives quant au renouvellement de la gouvernance et la résolution de la crise économique et sociale. Il insiste sur l’impératif de faire le distinguo avec les élections locales, soulignant toutefois que le député, avec son mandat à caractère national, est appelé «à proposer des visions et stratégies globales dans lesquelles s’inscrivent, entre autres, le développement local et la promotion de l’emploi. «Ce n’est pas à lui de promettre de construire une école ou une route dans une région. Il doit défendre non seulement sa région, mais toutes les wilayas, note-t-il. Mebtoul estime que le député a plutôt un rôle politique, comme il a pour mission de contrôler le gouvernement. «Il doit faire des propositions de lois loin de toute promesse irréalisable», ajoute-t-il.
Pour le président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), Naït Abdelaziz, l’élu à l’APN devra contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans les régions rurales, notamment les plus défavorisées, comme il lui revient de dynamiser et rendre ces régions plus attractives à l’investissement. Encore faut-il, a-t-il dit, que le député propose des lois qui versent dans ce sens ne se limitant pas à faire passer les textes de l’Exécutif comme une lettre à la poste. Reste que, selon Naït Abdelaziz, le développement local ne peut être effectif sans une décentralisation de la décision.
Wassila Ould Hamouda