Boukadoum : «Accélérer la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali»

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a appelé, ce lundi, les acteurs maliens à faire preuve de « persévérance » afin d’avancer dans le processus de transition et d’obtenir des résultats concrets dans la mise en œuvre de la feuille de route de décembre portant, entre autres, sur la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation, issu du processus d’Alger.

Dans son intervention à la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) consacrée à la situation au Mali, M. Boukadoum a  souligné que « la célébration ce mois-ci du 6e anniversaire de l’Accord de paix et de réconciliation malien, issu du processus d’Alger, offre une nouvelle occasion d’évaluer les progrès accomplis jusqu’à présent pour relever les multiples défis auxquels le pays (le Mali) est confronté ».
Depuis la dernière réunion de l’organe de l’UA sur cette question en octobre de l’année dernière, « des mesures concrètes ont été prises pour achever le processus de transition et faire avancer le programme de paix et de réconciliation », a rappelé le chef de la diplomatie, saluant les Maliens pour « les progrès encourageants réalisés pour garantir le plein fonctionnement des organes de transition, y compris le Conseil national de transition, et des préparatifs en cours pour mettre en place les structures de gestion des élections ».
« Les consultations étant toujours en cours pour former un nouveau gouvernement, nous exhortons les acteurs maliens à préserver les acquis obtenus jusqu’à présent et à construire le consensus nécessaire autour des réformes essentielles nécessaires pour assurer le succès des élections  prévues l’année prochaine » « , a dit le ministre.
Tout aussi important, pour le ministre, « la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation, qui a pris un nouvel élan récemment, doit être encore accélérée ».
Dans ce sillage, il a rappelé la réunion tenue par le Comité de suivi de l’Accord à Kidal, dans le nord du Mali, le 11 février. Cette réunion, qu’il a dirigée en sa qualité de président de la médiation internationale, était « historique » car, dit-il c’était la première du genre à se tenir en dehors de Bamako depuis la signature de l’Accord de paix en 2015.
En outre, il s’est réjoui du lever, pour la première fois en neuf ans, du drapeau national du Mali dans la région de Kidal, en présence de nombreux  ministres maliens.
Forts de cette réussite, une autre réunion a pu être convoquée le 29 mars 2021, dans la région de Kayes, à l’Ouest du Mali, dans le but d’améliorer  l’appropriation de l’Accord par tous les Maliens, a rappelé le ministre.
A cette occasion, il a exprimé son espoir que cette « atmosphère positive encouragera les parties maliennes à mettre en œuvre rapidement la feuille  de route convenue en décembre 2020, comprenant: l’accélération du redéploiement des unités de l’armée reconstituées dans le nord,  l’activation de la zone de développement de la région nord ». A ce propos, il a considéré que le processus de paix et de réconciliation au Mali  (soutenu par la communauté internationale) est « un processus fait par les Maliens pour les Maliens ». « Alors que nous aspirons tous à voir des  résultats concrets et positifs le plus rapidement possible, nous devons  garder à l’esprit qu’un tel processus est par essence long, complexe et  difficile et qu’il exige de la patience et de la persévérance ».
«Des défis à relever»
Le ministre des AE, a par ailleurs relevé des défis qui « menacent de renverser la dynamique positive actuelle », à savoir, la situation sécuritaire dans le nord et le centre du pays en raison des activités  terroristes. Des questions de politique et de gouvernance aux besoins sociaux et humanitaires, des préoccupations sécuritaires à l’assistance économique et financière nécessaire, ces défis illustrent, de l’avis du ministre, « le besoin urgent de conjuguer les efforts pour apporter un soutien efficace et concret aux acteurs maliens ». « Notre Conseil devrait donc poursuivre son rôle actif et aider les parties maliennes à faire de nouveaux progrès sur la voie de la paix et de la réconciliation », a assuré le ministre.
Enfin, il a réitéré la ferme condamnation, de l’assassinat du Président de la Coordination des mouvements de l’Azawad, feu Ould Sidat, un homme consensuel qui a joué un rôle clé dans le processus de paix et de réconciliation au Mali.
La réunion ministérielle de lundi présidée par l’Algérie a pour objectifs d’examiner les récents développements et passer en revue les conclusions du Groupe de soutien à la transition tenu à Lomé le 8 mars 2021, explorer les voies pour l’UA de soutenir les réformes électorales et constitutionnelles et considérer la contribution de l’UA pour des élections pacifiques, inclusives, transparentes et crédibles.