Salah Amokrane, directeur national du PPCA : «Nos efforts sont reconnus dans le monde»

L’engagement de l’Algérie pour la préservation de la biodiversité est reconnu à l’échelle internationale, soutient dans cet entretien le directeur national du projet «Conservation de la biodiversité d’intérêt mondial et utilisation durable des services écosystémiques dans les parcs culturels en Algérie (PPCA)», Salah Amokrane.

Placée cette année sous le slogan «Nous faisons partie de la solution», comment avez-vous célébré la Journée mondiale de la biodiversité ?
Avant de parler de notre programme, je rappelle que le ministère de la Culture et des Arts fait partie de la solution à travers son réseau de cinq parcs culturels (Ahaggar, Tassili n’Ajjer, Touat-Gourara-Tidikelt, Atlas Saharien et Tindouf) créés conformément à la loi 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel, constituant ainsi des outils de conservation de la biodiversité qui couvre une superficie de plus d’un million de Km2. La biodiversité fait partie aussi de la solution par rapport à l’alimentation et à la santé des populations. Aujourd’hui, la dégradation des écosystèmes naturels est une réalité amère que ce soit pour la faune que la flore et même pour les zones humides.
Pour cette année, nous avons choisi de faire un travail de communication et de valorisation pour sensibiliser les plus larges franges de la société sur l’importance de garder et de préserver ce patrimoine. Notre équipe de communication a mis en place un programme de communication au profit des médias nationaux portant sur le projet et l’état d’avancement de ses travaux.
L’apport médiatique est donc important…
Oui, les médias sont un partenaire de choix. Ils sont une partie prenante dans notre programme de sensibilisation par rapport à l’intérêt et l’importance du patrimoine naturel dans les régions sahariennes. Il s’agit de faire connaître au grand public les efforts entrepris par le ministère de tutelle dans le domaine de la conservation de la biodiversité à travers le réseau des parcs culturels qu’il mène conjointement avec le Programme des Nationsunies pour le développent (Pnud). La sensibilisation touche les populations locales, mais également les populations des autres régions. Il est important de souligner que notre but n’est pas d’occuper les médias, mais de passer des messages et de faire connaître le travail fait par toutes nos équipes.
On produit comme résultat sur terrain à travers nos différentes études diachroniques sur le couvert végétal soutenu par des analyses géomatiques à travers l’imagerie satellitaire qu’on commence à diffuser. Les résultats de ses études sont très encourageants et satisfaisants par rapport à l’intérêt de préservation de la biodiversité surtout dans les régions sahariennes. Ce travail mené par nos équipes en collaboration avec des experts nationaux nous permet de produire des outils de documentation, de collecte et d’archivage de toutes les informations liées à cet aspect qui sont diffusées à travers notre revue annuelle de notre programme et travers tous les supports audiovisuels que nous utilisons.  Un autre point important est de porter ce travail au niveau international à travers notre participation aux forums internationaux où nos experts sont intervenus sur différents aspects de la biodiversité et résultats de notre démarche ainsi que la réapparition de certaines espèces emblématiques comme le guépard saharien qui bénéficie aussi d’un programme spécifique pour cet espèce menacée d’extinction.
Pourquoi que la reconnaissance internationale des efforts de l’Algérie est-elle importante ?
C’est un point sur lequel on insiste beaucoup. La reconnaissance internationale des efforts de l’Algérie dans la conservation de la biodiversité est un résultat des plus importants de notre projet lors de ces deux dernières années. Nos efforts sont reconnus par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en tant qu’autres mesures de conservation efficace par zones. Cette reconnaissance a été annoncée officiellement par le ministre des Affaires étrangères le 30 septembre 2020, lors du Sommet des Nations unies sur la diversité biologique.
La crise sanitaire de la Covid-19 avec tous ces effets négatifs sur l’homme a permis à la nature de se refaire une santé. Est-que c’est vrai ?
La crise à beaucoup impacté la vie de l’humanité. Il est vrai que cette crise permet à la nature de se reposer, mais on ne souhaite pas qu’elle dure encore pour permettre aux spécialistes d’intervenir et de continuer à travailler sur ce sujet.
Entretien réalisé par Samira Belabed