Eyesfullbio : Des produits bios aux huiles essentielles

D’une simple passion pour le cosmo naturel et pour la phytothérapie, elle en a fait un métier, une microentreprise.

Diplômée pourtant en ingéniorat informatique, Wassila Seba, fondatrice et gérante de la microentreprise, Eyesfullbio, a transformé un passe-temps en un commerce juteux, dans un créneau qu’elle a découvert d’une façon fortuite. Ses crèmes de soin de peau, pour cheveux, ses savons et ses traitements à base de plantes naturelles font, actuellement, la une des réseaux sociaux.
Tout a commencé quand Wassila Seba a contracté, il y a quelques années, une forme d’acné et une maladie de colon très sévères. Tous les médecins auxquels elle a fait appel pour les traiter n’ont pas réussi à en venir à bout. Les médicaments prescrits ne lui apportaient aucun soulagement sinon temporaire et ses problèmes de santé persistaient. Mais quand elle a entendu parler d’une vieille dame, au Maroc qui soignait ces maladies d’une façon naturelle, elle a sauté sur l’occasion. «Je désespérais tellement de trouver un remède définitif à mes problèmes de santé que, quand j’ai entendu parler des soins naturels de cette vieille dame marocaine, j’ai sauté dans le premier avion vers le Maroc ! Je ne l’ai jamais regretté !», confie-t-elle. Et pour cause, ce voyage lui a permis non seulement de retrouver la santé, mais de découvrir aussi le monde des plantes et leurs bienfaits naturels. Elle a gagné en santé et en formation lui permettant, plus tard, d’en faire une profession, et ce, bien qu’elle soit diplômée dans un domaine tout a fait différent. Elle est, en effet, ingénieur en informatique. Une formation qu’elle exploite néanmoins pour la promotion et la vente de ses produits en ligne. «J’ai tellement appris avec la guérisseuse marocaine ! Elle m’a transmis un savoir et une passion auxquels je m’adonnais pour des usages personnels. J’ai renforcé mon apprentissage par des formations dans la cosmo naturel et dans la phytothérapie au Maroc et en Algérie à partir de 2006. J’ai aussitôt commencé la composition des crèmes réparatrices pour mon propre usage et pour celui de ma famille», se souvient-elle.  Ce n’est que 15 ans plus tard qu’elle a commencé à songer à commercialiser ses produits et à créer sa petite entreprise…sur une idée de sa mère. Cette dernière fut et demeure l’une de ses plus fidèles clientes. Les savons «dzaïr» dans toutes leurs variétés conçues par sa fille étaient de si bonne qualité qu’elle lui a soufflé l’idée d’en faire profiter le maximum de personnes tout en tirant des bénéfices.
D’un passe-temps à une entreprise
«Au départ, quand j’ai appris ce métier, je n’avais pas l’intention d’aller vers la commercialisation. C’était un passe-temps pour moi, qui me permettait, en plus,  de prendre soin de moi d’une façon naturelle. Ma mère me recommandait souvent du savon «dzaïr». Elle me répétait que celui que je fabriquais était bien meilleur que celui qui se vendait. Elle m’a incité à le mettre sur le marché, l’idée m’a séduite et je me suis lancée!», dit-elle. C’est ainsi, qu’une fois prête, elle a créé sa microentreprise en 2019, baptisée Eyesfullbio. Une marque qu’elle compte bientôt inscrire au niveau de l’Institut algérien de normalisation (Ianor). Mais les débuts ne furent pas faciles ! La concurrence est tellement rude dans ce domaine, signale-t-elle, qu’il était très difficile de placer ses produits et même d’en composer. Les matières premières, tout d’abord, n’étaient pas aussi disponibles que maintenant sur le marché. Il était difficile, donc, pour elle, d’augmenter son volume de production. Ensuite, le nombre de fabricants de savons et autres produits artisanaux est en hausse. Depuis quelques années déjà, la fabrication du savon naturel est très à la mode. «Des fabricants plus expérimentés investissaient le marché, mais des arnaqueurs aussi. Le nombre de ces derniers étant très important, les clients sont méfiants. Gagner leur confiance n’est pas chose aisée. Mes premiers clients, je les ai gagnés grâce au bouche-à-oreille. Ma tante fut ma première cliente. Des membres de ma famille m’ont soutenu en faisant de la publicité de mes produits dans leur entourage. C’est ainsi que j’ai pu constituer une clientèle, certes pas encore étoffée, mais fidèle», note-t-elle.
Petit à petit, d’une seule cliente, elle est passée  à une centaine en l’espace de quelques mois. Cela l’a encouragé à introduire d’autres produits bios dans sa gamme, des masques, des soins antirides, sans oublier la crème réparatrice qu’elle préparait pour elle même afin de soigner les acnés. «Je fais mon travail par amour, mes produits son mes bébés. Je les élève à ma façon tout en évitant les excès. Dans mes produits, je veille à respecter les dosages, les délais des testes, de conservation que j’ai appris lors de mes formations, mais les compositions sont mes trouvailles, le fruit de mes recherches que je teste sur moi et sur des membres de ma famille avant de les mettre sur le marché», assure-t-elle.
Farida Belkhiri