DGF : Un plan national élaboré

 En prévision de la saison estivale, une période sèche et propice aux incendies, la Direction générale des Forêts (DGF) lance un programme national de lutte contre ce phénomène récurrent.

Ce programme, qui concerne 40 wilayas, contient la mise en place d’un système d’intervention des plus modernes, mais surtout rapide et efficace. Il comprend au moins 404 postes de vigie chargés de la surveillance et 478 brigades mobiles responsables de la première intervention, ainsi que la mise à disposition de 43 camions citernes de grande capacité pour l’approvisionnement en eau, outre les points d’eau dans les forêts.
Des mesures qui s’imposent pour éviter d’éventuels «drames», comme celui qu’a connu le pays l’an dernier. Les feux de forêt déclenchés à travers 39 wilayas en 2020 ont, en effet, ravagé 43.919 ha de surface forestière. Bien que cette superficie ne représente que 2% de l’étendue globale du patrimoine forestier, qui est de 238 millions d’hectares, «la fréquence des ces feux risque d’engendrer des conséquences dévastatrices sur l’écosystème», alertent les scientifiques.
D’autant plus «les saisons où des feux sont les plus probables se sont allongées», affirment les chercheurs. Raison pour laquelle la DGF entame d’ailleurs son programme de lutte à partir du mois de mai. A la lecture des rapports du WWF et du Boston Consulting Group (BCG), «le nombre d’incendies de forêt dans le monde a augmenté de 13% au cours du premier trimestre de 2020 par rapport à 2019, qui était déjà une année record». Si les tendances actuelles se poursuivent, les conséquences à long terme seront dévastatrices en raison du rejet de millions de tonnes supplémentaires de dioxyde de carbone. Les quantités importantes de CO2 libérées dans l’atmosphère contribuent au réchauffement climatique et nuisent à la biodiversité, à l’économie et à la santé des populations. Parmi les facteurs aggravants, la même source met en avant également «la conversion des espaces naturels en zones agricoles et urbaines. L’étude précise cependant que «75% des incendies de forêt sont d’origine humaine, provoqués accidentellement ou volontairement à des fins criminelles ou de déforestation». En Algérie, «chaque année, 30.000 ha sont en moyenne dévastés par les feux, contre 40.000 reboisés annuellement». Selon Sabrina Rachedi, sous-directrice du reboisement et des pépinières à la DGF, les espaces endommagés sont «difficiles à reconstituer, en dépit des campagnes de reboisement effectuées, en particulier au cours de ces deux dernières années». Elle souligne, dans ca cadre, que la plupart des volontariats organisés sont voués à l’échec, par manque d’irrigation. «La réussite est tributaire du post-reboisement», a tenu à préciser la professionnelle.
«La cicatrisation des espaces sylvestres requiert une période conséquente», a, pour sa part, expliqué  Ali Mahmoudi, directeur général des forêts. L’évaluation du reboisement ne peut être, par ailleurs, visible que sur le long terme, car, comme l’a expliqué MmeRachedi, «lorsque une forêt de 100 ans est détruite, il faut la même durée pour constater si réellement elle est reconstituée».
Samira Azzegag