Smartphones, jeux vidéo, télé … Quand l’écran donne du ventre

Réseaux sociaux, échanges de messages, recherches sur internet, jeux vidéo, addiction aux smartphones, c’est autant de comportements qui font partie du quotidien de beaucoup de jeunes gens.

Beaucoup d’enfants regardent la télé en grignotant des aliments hypercaloriques. Ils passent davantage de temps devant les écrans de jeu, affalés sur leurs canapés, une manette de jeu dans une main et un sachet de chips dans l’autre. Si le moment semble agréable, il n’en reste pas moins que ces pratiques sont porteuses de risques pouvant entraîner le surpoids.
Selon une étude menée par les chercheurs anglais du Département d’épidémiologie et de santé publique de l’University College de Londres, le temps passé par les enfants devant les écrans augmente le risque d’obésité. En analysant l’indice de masse corporelle (IMC) et l’indice de masse grasse (IMG) de ces enfants, les chercheurs se sont aperçus que les enfants disposant d’une télévision dans leur chambre risquent davantage de devenir obèses ou d’avoir des problèmes de surpoids.
Médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique, unité nutrition, Sana Bouchaïb affirme que la sédentarité, la consommation de la télévision, habitudes alimentaires(fast-food, boissons sucrées et autres repas irréguliers) sont des facteurs favorisants à prendre très au sérieux.
Elle estime que l’obésité infantile est liée à toute une série de complications sanitaires graves et à un risque accru d’apparition précoce de maladies, dont le diabète et les cardiopathies. Elle prévient :«Les enfants obèses ont toutes les chances de le rester à l’âge adulte et seront exposés au risque de développer diverses pathologies.»
Selon elle, dès l’âge de 5 ans, les enfants obèses ont une image plus négative de leur corps dès 5 ans, ils sont exposés à des maladies cardiovasculaires et développent une sorte de résistance à l’insuline (qui est souvent le signe avant-coureur d’un diabète imminent). A cela s’ajoutent des troubles musculosquelettiques, notamment l’ostéoarthrite), maladie dégénérative des articulations hautement incapacitante, et enfin certains cancers (endomètre, sein et côlon).C’est pourquoi le médecin insiste sur la prévention. Elle plaide pour la promotion du mode de vie actif, la limitation du temps accordé à la télévision, la consommation de fruits et légumes, la consommation d’aliments riches en énergie(confiseries) et la réduction de la prise de boissons sucrées. Elle a, également, mis en avant les points forts de l’utilité de l’alimentation, entre autres, un développement et une croissance harmonieux, la protection contre les maladies, la pratique d’une activité physique.
La mise en garde des associations de consommation
Président de l’association de protection du consommateur El Aman, Hassan Menouar soutient qu’il y a un lien entre obésité et pratique outrancière des moyens de communication et multimédias sédentaires, regrettant le comportement de certains jeunes qui préfèrent rester vautrés devant un écran toute la journée au lieu de pratiquer une activité physique. Selon lui, plus on passe de temps sur son téléphone ou son PC, plus l’activité physique baisse.
Il dit que de nombreux facteurs jouent un rôle dans l’apparition et le développement de l’obésité, mettant l’accent sur la télévision qui regorge de campagnes vantant le plaisir à manger telle ou telle sucrerie, les jeux vidéo sédentaires, les ordinateurs et bien sûr l’addiction aux smartphones.
«Les enfants passant plus de temps devant leurs écrans auraient généralement tendance à être physiquement moins actifs. Chose qui favorisera l’embonpoint et l’obésité», souligne-t-il, indiquant que l’obésité est devenue un véritable enjeu de santé publique.
Tout en recommandant de surveiller son alimentation, notre interlocuteur invite à faire régulièrement de l’exercice pour se maintenir en forme. «Il faut encourager le sport à l’école et le rendre même obligatoire et pourquoi pas d’augmenter son coefficient», demande-t-il, non sans faire remarquer que des enfants sont en surpoids dès l’école maternelle. «Nous avons sonné l’alerte en 2012…», se rappelle-t-il.
Amokrane Hamiche