Arzew : Un patrimoine architectural en danger

Le patrimoine immobilier construit sous l’ère coloniale et s’élevant au centre- ville d’Arzew, la localité distante à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Oran, tombe en ruine. Le constat est amer à voir l’état de ces bâtisses anciennes qui abritent encore des habitants.

Le dernier tremblement de terre, qui a secoué la ville le26 Juillet dernier, d’une magnitude de 5,1 sur l’échelle de Richter, a été fatal pour ces habitations précaires, dont l’état actuellement est jugé critique. En conséquence, la plupart des bâtisses coloniales sises au centre-ville d’Arzew sont désormais classées «rouge», autrement dit inhabitables. Quelques-unes d’entre elles sont dans la zone orange. Elles se sont fragilisées et devront être rapidement réhabilitées, afin d’éviter tout éventuel effondrement.
Selon des estimations, non vérifiées toutefois, il y aurait plus d’une centaine de constructions anciennes menaçant ruine au centre-ville d’Arzew. Elles sont pour la plupart irrécupérables à cause de leur précarité avancée. Pour le moment, les habitants de ces bâtisses appréhendent la prochaine saison des pluies, la peur au ventre, surtout après le dernier séisme qui a ouvert des plaies et des ventricules énormes dans les structures d’édifices déjà mises à rude épreuve par les facteurs temps, humidité et intempéries.
C’est dire qu’un pan entier de l’histoire d’Arzew qui se désagrège au fil des années. Le danger guette en permanence les habitants de ces constructions à évacuer en toute urgence. «Nous vivons seulement par la grâce d’Allah. La bonté divine veut que le toit de notre maison ne tombe pas sur nos têtes. On devrait songer à nous évacuer de ces lieux fragiles pour éviter mort d’hommes», déclare un habitant d’un appartement dont la construction remonte au début du XXe siècle.
Chaque année que Dieu fait, l’on assiste à des effondrements partiels de toitures, de cages, de rampes d’escaliers ou de structures de terrasses, sans engendrer heureusement des pertes humaines. Du coup, les habitants pour ne pas s’éterniser dans la rue y tentent, à chaque fois, des colmatages par madriers et autres matériaux de construction.
Mais quand daignera-t-on s’occuper enfin de ces témoins du passé qui font aussi de la cité réputée pour sa vocation pétrolière une localité qui a aussi une histoire et une identité ?
Amar Abbas