Association cinématographique «Lumières» : Hommage à Yamina Bachir Chouikh

L’association « Lumières » a organisé, mardi en son siège à Alger, une soirée en hommage à la cinéaste Yamina Bachir Chouikh, décédée le 3 avril dernier, à l’âge de 68 ans.

Un grand nombre d’artistes et de techniciens, notamment Ahmed Rachedi, Fawzi Saichi, Hassen Benzerari, Bahia Rachedi, Zakia Kara Torki, Abdelhamid Rabia, Abdenour Chelouch, Fouad Sahel, sont venus  assister et participer à cet hommage et évoquer celle avec qui ils ont, pour la plupart, partagé un parcours de presque un demi-siècle.
Le comédien Rabia a ouvert la soirée avec la lecture de la biographie de la réalisatrice, évoquant les principales étapes de sa vie et les œuvres cinématographiques auxquelles elle a participé en tant que script, monteuse, ou scénariste. «Elle était une femme engagée et considérée comme une icone du cinéma algérien», a-t-il soutenu. Epouse du réalisateur Mohamed Chouikh et mère de la réalisatrice Yasmine Chouikh, et de la comédienne Amel Chouikh, elle est née en 1954à Alger. Elle débute en 1973 en tant qu’assistante monteuse à l’Office national de commercialisation et de l’industrie cinématographique (ONCIC).
Elle s’initie à d’autres métiers du cinéma et de l’audiovisuel, tel que le script, le scénario et enfin la réalisation. Elle participe en tant que monteuse ou script à plusieurs courts métrages, documentaires et films cinématographiques comme «Omar Gatlatou», «Youcef, ou la légende du 7e dormant», «Le cri des hommes», «La citadelle», «Douar de femmes», «Vent de sable»… et collabore avec des réalisateurs comme Mohamed Chouikh, Merzak Allouache et Mohamed Lakhdar Hamina.
En 2002, elle réalise son premier long-métrage «Rachida»,qui participe à plusieurs festivals à travers le monde, tels celui de Cannes 2002 dans la catégorie ‘’Un certain regard’’, au festival «Miroirs et cinémas d’Afrique» de Marseille et celui du film de Londres où il est primé. En 2003, elle dresse dans un court métrage le portrait de la photographe Louiza Sidi Ammi et en 2010  sort son film documentaire historique intitulé «Hier… aujourd’hui et demain», dédié au travail des femmes et au mouvement des femmes pendant la guerre de Libération nationale.
La poétesse et autrice Fouzia Laradi a ensuite déclamé des poèmes en arabe dialectal et en français, avant de céder la parole à Bahia Rachedi qui a raconté son expérience avec Yamina Chouikh lors du tournage de «Rachida». Pour elle, «il est difficile de parler de Yamina Chouikh» qui était «une militante, une battante et une résistante».  «Elle a entamé sa carrière dans le 7e art avec un pas décidé et y entra par la grande porte», ajoute-t-elle. «J’étais membre de la commission de lecture de textes cinématographiques, au ministère de la Culture lorsque nous avons reçu le scénario de «Rachida», qui a accepté à l’unanimité ce texte émouvant», se rappelle-t-elle.  «C’est dans la forêt de Bainem que le tournage du film a débuté», se souvient la comédienne. «Nous étions en pleine période de terrorisme, et la peur nous accompagnait au quotidien mais Yamina Chouikh nous insufflait le courage d’aller travailler et d’affronter nos peurs et de les dépasser», conclut-elle.
La soirée s’est ensuite poursuivie avec la projection de «Rachida», suivi d’un débat où tout un chacun a évoqué des souvenirs et des anecdotes avec la regrettée Yamina Bachir Chouikh.
Hakim Metref