Association nationale des exportateurs algériens : Accélérer le processus

L’ambition des pouvoirs publics de porter le volume des exportations hors hydrocarbures à plus de 7 milliards de dollars devra, selon des experts et opérateurs économiques, s’accompagner par l’installation de succursales bancaires algériennes à l’étranger, notamment en Afrique, qui seront des relais dans le cadre de l’intégration du processus d’affaires et d’exportation. Elu récemment à la tête de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Tarek Boulmerka, affirme que l’ouverture des banques à l’étranger impactera positivement les exportations en accélérant la fluidité des transactions. Il souhaite que le projet soit rapidement mis en œuvre. «L’Anexal a salué la décision d’ouverture des bureaux de liaison à l’étranger dès son annonce. Nous espérons sa concrétisation dans les brefs délais», souligne-t-il. Pour Boulmerka, cela contribuera à mieux sécuriser les transferts et réaliser des gains. «Nos banques pourront également récupérer les frais de prestations que nos opérateurs versent aux banques étrangères», ajoute-t-il. En clair, un exportateur peut transférer ses fonds vers l’Algérie en toute sécurité sans recourir à une assurance et va débourser moins de frais de transfert. Le responsable rappelle qu’avant toute expédition de marchandises, l’exportateur doit effectuer, selon la loi, une domiciliation bancaire, souscrire une assurance auprès de la Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations (Cagex) et payer avec des lettres de crédit ou paiement avant expédition. En outre, Boulmerk a fait savoir que la Banque d’Algérie est très rigoureuse s’agissant du rapatriement d’argent. De par son expérience, étant exportateur depuis 2003, il relève que l’exportateur risque la prison en cas de non-rapatriement de ses fonds. «La Banque d’Algérie ne pardonne pas. C’est un souci de moins puisque le transfert de paiement se fait automatiquement», note-t-il.
A l’en croire, les premières installations devraient se faire là où il y a un flux important d’exportations, citant entre autres pays, la France, le Sénégal et la Mauritanie. L’Anexal, pour rappel, a toujours plaidé pour la mise
en place d’un consortium de banques publiques à l’étranger et la révision de la réglementation des changes. La proposition figure parmi celles formulées lors de la tripartite qui s’est tenue en août 2011. Il convient de souligner, enfin, que l’installation des banques diminue le volume des transactions à caractère informel.
Wassila Ould Hamouda