Associations de consommateurs et de commerçants : Des solutions existent

Des associations de commerçants et de consommateurs s’accordent à qualifier la situation générée par les pénuries des produits de large consommation d’«intenable». Selon elles, «des solutions concrètes existent toutefois pour combattre celles-ci. Elles proposent de prendre part à une réflexion autour de cette problématique.

Pour Mustapha Zebdi, président de l’Association nationale de protection et orientation du consommateur et son environnement, «le problème est né de dysfonctionnements de la distribution et de la commercialisation des produits». «Sinon, il n’y a aucune raison objective qui peut expliquer la pénurie qui touche des produits comme le pain, le lait et le sucre», se désole-t-il d’emblée. Plus précis, il fera observer que «ces pénuries ne sont pas rationnelles», se référant notamment à la rareté de l’huile sur les étals. «La production est à son maximum, les chiffres sont parlants et les producteurs travaillent à une cadence élevée», s’exclame-t-il.
Zebdi évoque un facteur qui a aggravé la situation. «De fausses rumeurs ont circulé à propos de la subvention du sucre et conduit des citoyens à affluer vers les supermarchés pour acheter et stocker le sucre». A l’en croire, «les détaillants ont refusé de vendre le produit avec des factures». Pour lui, la solution est facile. «Il faut prélever l’impôt à la source comme cela se fait à l’étranger.»
Pour Hazab Benchohra, de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), «ces pénuries sont liées à un problème de gestion et à rien d’autre, surtout pas de production», lance-t-il. «C’est un problème de gestion qui concerne le ministère du Commerce», assène-t-il. «On a laissé traîner des problèmes pendant deux ans en optant pour des solutions temporaires et provisoires, sans traiter le problème à la racine», regrette-t-il. Benchohra refuse de rester les bras croisés. «L’UGCAA est une force de proposition et nous nous proposons de contribuer à trouver une solution», renchérit-il.
Benchohra estime que le ministère doit prendre de vigoureuses décisions comme instaurer une discipline au sein de son département. «Les commerçants ne veulent pas vendre de l’huile puisqu’ils  l’achètent avec facture, ce qui leur revient cher et génère des frais supplémentaires», explique-t-il.
Benchohra plaide enfin pour la création d’une commission ministérielle de prise en charge des pénuries où seront représentés tous les acteurs du secteur.
Fatma-Zohra Hakem