Attention danger !

En pleine crise de l’Algérie des années de terrorisme, le cinéaste Rachid Belhadj nous disait que nous n’étions pas assez vigilants, voire pire, nous ne voulions pas entendre les clameurs du salafisme qui avait fini par étouffer nos villes. Un grave incident s’est déroulé, il y a trois jours en Kabylie.

Un imam s’est rendu à la mosquée et a pris son micro pour intimer l’ordre à la population de faire arrêter un gala de musique. Rien que ça! Il nous a rapidement rafraîchi la mémoire pour nous replonger dans Alger du début des années 1990 avec l’interdiction des galas de Linda de Suza à El Mouggar et la volonté d’empêcher celui d’Ait Menguellet à la salle Atlas qu’imposait la foule d’islamistes surexcités à la sortie de la mosquée jouxtant le lieu de spectacle. La tragique suite, tout le monde la connaît et voudrait l’enterrer à jamais. Mais attention, le danger est à nos portes. Les interdictions de feuilletons à la télévision et de soirées musicales dans nos cités, ne sont pas des faits anodins. Ce n’est ni une mise en scène ni une caméra cachée, mais une triste réalité.
Nous pensions que la caméra cachée s’est éclipsée  cette année, eh ben non ! Elle a fait sa réapparition sur la chaîne «El Biled». Pas du tout violente mi méchante par ailleurs. Un type se rend chez un gars qui vend des fruits et veut le payer avec un bon, à la grande surprise du vendeur. La dispute s’engage, le piégeur reste zen et cela agace le pauvre piégé qui n’a compris que lorsqu’un membre de l’équipe technique lui a montré la caméra. Ce divertissement n’emballe pas. Il faut vraiment se courber l’échine pour trouver des idées originales qui fonctionnent bien et surtout qui font rire. Au fond, c’est cela le but de ce type de programme.
« Yemma », saison 3 est toujours à l’affiche et ses incroyables rebondissements tiennent en haleine les téléspectateurs. Numedia, au centre de l’intrigue est kidnappée par son mari. Enfin, il a donné ordre à ses hommes de le faire. Allez savoir pour quelle obscure motivation. Mais maligne qu’elle est, elle a annoncé à l’un de ses ravisseurs, par ailleurs bras droit de son mari, qu’elle est enceinte de deux mois. Il panique et ne peut joindre son patron supposé être en voyage en Russie pour affaires. Il la remet entre les mains de sa belle-mère, toute contente de savoir qu’elle sera bientôt grand-mère.
Le suspense est au rendez-vous surtout que les antagonistes se livrent des batailles à distance à coups d’enquêtes et de contre-enquêtes.
Heureusement que les intempestives publicités sont là pour faire  baisser la tension. La pub est devenue vraiment agressive et omniprésente. Par ailleurs, si vous vous installez en retard, avant le début de votre série vous tombez sur une séquence où vous verrez un ou deux personnages jouer un rôle et vous découvrez, médusés, que ce n’était que de la pub !
Abdelkrim Tazaroute