Au cœur de nos régions : Constantine, préparer la saison et l’après-saison

Enfin ! Ce sera certainement l’été le moins contraignant de ces trois dernières années pour les Constantinois. Et pour cause, la crise sanitaire qui a sévi sur deux années consécutives, une période qui a fait que sans pour autant rester totalement cloitrés chez eux, les habitants ont quand même su trouver des astuces qui pour ne pas se cantonner chez lui tel qu’exigé par le respect du confinement qui pour trouver un moyen de rejoindre le littoral quitte pour cela à faire carrément preuve de «génie» profitant d’une baignade d’une poignée d’heures au risque de s’exposer à des tracas administratifs. Néanmoins, cette saison estivale s’annonce précocement difficile. Preuve en est la vigilance anticipée des pouvoirs publics locaux à l’effet de faire face à bien des risques qu’il faut rappeler à savoir les potentiels incendies, noyages, intoxications, trafic routier démentiel. En somme, les Constantinois feraient-ils preuve de sagesse, de bon sens et éveil de conscience pour qu’à défaut de passer un été pourri comme cela a été le cas ces deux dernières années de ne pas s’évertuer justement par un mauvais comportement à se le…pourrir.

Renouvellement du couvert forestier : Enseignements tirés de la tragédie estivale de 2021 
Qu’ils soient volontaires ou involontaires, sur la wilaya de Constantine à l’approche de l’été les départs de feu constituent la plus grosse inquiétude des pouvoirs publics locaux et plus particulièrement pour les responsables de la Conservation des forêts et pour cause, ensuite pour les éléments de la Protection civile lesquels depuis quelques années ne connaissent pus de répit. Or, il ne se passe pas un seul été où d’importants espaces boisés sont dévastés par le feu, ceux de 2021, à l’instar des incendies qui se sont déclarés en des régions précises parce que criminellement déclenchés, auront été les plus difficiles à maîtriser en plus d’avoir causé d’énormes dommages au patrimoine forestier.
Un patrimoine forestier que justement la Conservation des forets s’est fait le défi de veiller à sa reconstitution comme en témoigne la campagne lancée durant la dernière semaine du mois de mai et visant à repeupler près de 800 hectares dont 700 ravagés par les flammes au mois d’août dernier. Mais c’est également et surtout l’élan solidaire des citoyens qu’il faudrait souligner en ce sens car en effet ce sont près d’une trentaine d’associations qui ont répondu présent à l’action initiée par la Conservation des forêts ont par la signature de conventions signifié leur engagement à long terme, pour ne pas dire ad vitam aeternam, de contribuer sans répit à toute opération de renouvellement du couvert végétal qui serait engagée tout au long de l’année. En fait, il n’y a pas que les feux de forêt qui mettent en cause la pérennité des espaces évoqués mais également une sérieuse autre menace consistant en les coupes de bois faites en dehors de la réglementation. Toutefois, selon le directeur de wilaya de la Conservation des forêts, «jusqu’à présent aucune coupe sauvage n’a été enregistrée sur l’ensemble du patrimoine forestier local». Serait-il là un soudain éveil de conscience des habituels pilleurs sinon leur crainte de la désormais réelle implication des parties concernées par la protection et la préservation des forêts ainsi que la multiplication des moyens de surveillance déployés pour ce faire ?
Quoiqu’il en soit, autant les éléments des services de la Conservation des forêts, de la Protection civile, de la Gendarmerie nationale et de la police sans omettre les citoyens ont tiré des enseignements pour veiller à ce que les drames qui ont endeuillé le pays l’année écoulée ne se reproduisent pas.
Abdelhamid Lemili
 
Mares d’eau et canicule : La mort au rendez-vous
A peine ont-ils passé la période des compositions que les petits constantinois fréquentant les établissements scolaire du primaire pensent-ils déjà à meubler une plutôt longue et monotone période estivale. Ce sera du moins le cas pour la majorité d’entre eux. Et, du coup, ils se rabattent autant qu’ils le peuvent sur des jeux, voire des occupations parfois préoccupantes pour ne pas dire dangereuses. C’est le cas des baignades dans des mares d’eau généralement boueuses parce que nées spontanément à la faveur d’une pluie soudaine, une pluie torrentielle d’orage, une retenue collinaire et autre réserve d’eau. Or, à la périphérie des grandes cités ces réceptacles ponctuels éphémères existent à profusion notamment avec la multiplication des chantiers de travaux publics rarement surveillés. Or, au cours de la journée du 23 du mois courant, a déjà été repêché inanimé un jeune de 16 ans décédé pour s’être baigné dans une poche d’eau à l’intérieur même d’une cité populeuse.
Ce n’est pourtant pas faute de sensibilisation sur des risques de toutes natures dont la noyade essentiellement lancée par des enseignants plus conscients que d’autres, des services de la Protection civile et parfois de la direction des ressources en eau dès que se manifestent les grandes chaleurs. Néanmoins, rien n’y fait et ce sont en général les plus petits parmi les enfants qui sont victimes d’un drame pourtant évitable. En certains endroits de la wilaya des propriétaires de surfaces agricoles importantes qui ont justement mis à profit les dernières pluies de début mai ont judicieusement clôturé lesdits espaces pour éviter tout impondérable, sauf que ça demeure toutefois exceptionnel.
Pourtant quelle que pourrait être la vigilance des parents, les conseils, instructions et mises en garde prodigués par les services administratifs, toutes attributions confondues, l’inconscience mais également l’innocence et la naïveté des petits enfants parmi lesquels figurent très souvent des fillettes prendront le pas sur la raison. Des drames qu’a posteriori est constaté une triste certitude, celle d’avoir pu les éviter si…
A. L.
Chemin de chinage par excellence : Disparition graduelle du «Remblai» 
Le «Remblai» ou «Rembli » selon le parler local ou encore chemin de chinage à Constantine pour les «intellectuels» s’efface graduellement de la mémoire des habitants et a surtout perdu de sa particularité de marché aux puces incomparable depuis que les pouvoirs publics locaux, à tort ou à raison, ont pris la décision de le soumettre à un lifting. A tort ou à raison ? Les deux points de vue peuvent se rejoindre dans la mesure où non seulement à tort cet espace «commercial» de mémoire de Constantinois n’est pas datable tant il est établi que ceux qui pourraient le faire ne sont plus de ce monde et par voie de conséquence constitue un pan de la mémoire des générations qui ont suivi. Et à raison parce les lieux mutent en coupe-gorge une fois l’activité commerciale de journée terminée alors même que celle-ci qui commence dès potron-minet prend fin avant midi tous les jours de la semaine. A ce qui devient un endroit carrément malfamé s’ajoute une détérioration du cadre naturel des lieux d’autant plus que le chemin coupe deux denses espaces forestiers qui à l’origine devaient constituer un véritable réservoir d’oxygène pour les milliers d’habitants de la vieille ville (Souika) dont il constitue autant l’entrée et inversement la sortie mais aussi de la cité HLM datant de la période coloniale comme il offre une vue superbe aux locataires de l’hôtel Cirta, joyau architectural édifié en 1912.
Dans leur majorité les Constantinois éprouvent tellement de regrets face à une disparition quasi programmée d’un espace qui, incontestablement, leur était devenu incontournable par la disponibilité d’objet de collection, de pièces de rechange pour tout équipement tombé en désuétude, voire obsolescents eu égard à l’effective richesse des carrés consacrés à la casse, d’effets vestimentaires certes usagés mais encore «in» parce que fabriqués à l’étranger et à la griffe assez souvent authentique, de la brocante, des magnétophones, des rangers. En fait, tout ce qui ne se trouvait pas ailleurs et si depuis quelques années, le chemin a été agrémenté de bancs publics et que les flancs des espaces boisés sont de temps à autre débarrassés des détritus jetés par des propriétaires d’étals quotidiennement interchangeables, il n’en demeure pas moins que les natifs de la ville en ont depuis longtemps fait leur deuil en ne s’y rendant plus.
A. L.
 
El Khroub : Le secteur de l’éducation privilégié 
A l’occasion de la rentrée scolaire 2022/2023 «la daïra d’El Khroub s’enorgueillira de neuf nouveaux établissements scolaires lesquels viendront s’additionner aux 110 existants alors même qu’avant 2008 la commune ne disposait que de 36. C’est dire le bond quantitatif réalisé». Ce sont les propos tenus il y a quelques jours par Hamid Khelfaoui, un chef de daïra ne contenant pas sa satisfaction face aux formidables progrès réalisés dans le secteur de l’éducation pour citer dans la foulée la disponibilité de 25 écoles primaires à hauteur d’Aïn-Smara, autre ville en développement endémique, qui n’en avait que 13 il y a quelques années. Le représentant de l’Etat décentralisé s’appesantissant également sur l’existence de 61 CEM, 31 lycées. Soit, globalement 250 établissements d’éducation. Parmi  ces chiffres n’est pas tenu compte des opérations d’extension, de réalisation de cantines scolaires.
Toujours dans le domaine des équipements techniques d’accompagnement, H. Khelfaoui abordera le dossier du logement pour annoncer et sans donner de date précise, voire démentant l’annonce faite par un confrère selon lequel les listes seront affichées à l’occasion de la fête de la victoire et la jeunesse, la prochaine publication d’une liste de 2.400 bénéficiaires. Le chef de daïra ira encore plus loin en annonçant l’étude à nouveau d’un certain nombre de dossiers de demandeurs auparavant rejetés par les commissions ad-hoc considérant que certains éléments d’appréciation de la situation desdits demandeurs n’auraient pas été valablement jugés. Une démarche «peu aisée» soulignera-t-il rappelant qu’Il s’agit quand même de 18.000 dossiers étalés sur une période allant de 1987 à 2014.
La publicité sur la prochaine attribution de logements. Il taillera un costume à un confrère auteur d’un brûlot qui aurait déstabilisé la population en annonçant sa publication le 5 juillet et 2.300 logements. Il s’agit de 2.400 parmi lesquels compteront des bénéficiaires de la localité de Guettar el Aiech qui seront évacués après la période des examens et leurs gourbis démolis. En plus de la récupération de dossiers auparavant rejetés et qui vont être réétudiés de nouveau en raison d’un possible mauvais traitement initial et leur redonner une chance. Cela étant, il conclura par un engagement consistant en le traitement en toute transparence des dossiers et individuellement toute décision sera notifiée dans la plus grande clarté au demandeur sans qu’il n’y ait besoin de tenir des engagements qui ne seront pas tenus et/ou faire de fausses promesses, histoire juste de reculer les échéances et entretenir de faux espoirs.
A. L.
 
Chef-lieu : Les cimetières quasi saturés 
L’APC de Constantine a officiellement communiqué, au cours de la dernière semaine du mois de mai, l’intitulé de l’entreprise retenue pour la réalisation de l’étude géotechnique concernant la réalisation de deux cimetières. Il s’agit du Laboratoire des travaux publics de l’est (LTPE). Au demeurant une entreprise à l’incontestable expertise en la matière.
Cela étant, les terrains d’assiette ne sont pas encore connus et vraisemblablement pourraient se situer dans n’importe laquelle des douze communes de la wilaya. L’essentiel étant évidemment pour les autorités locales de désengorger le centre urbain, compte tenu de la problématique posée par le plus ancien et d’ailleurs seul cimetière imprégnant la mémoire des Constantine lequel malheureusement n’a plus de capacité d’accueil à moins de rouvrir, et c’est ce qui est le cas, d’anciennes tombes. Du moins pour les familles dont un proche y serait enterré, lesquelles familles quoiqu’elles ne résident plus à hauteur du chef-lieu de wilaya y recourent toujours pour des raisons difficiles à comprendre. D’ailleurs, pourrait-il en être autrement au vu du «formidable remplissage» des cimetières des communes du Khroub, Aïn-Smara et pour cause devenues depuis près de trente ans les destinations prioritairement élues pour l’accueil de toutes les opérations de logement, relogement…
La crise sanitaire de 2020 en a évidemment rajouté sur toute morbide situation à laquelle pouvait être confrontée toute famille dont un membre aurait contracté le virus mais aussi et surtout par ses victimes collatérales en l’occurrence les personnes âgées, celles à comorbidité avérée, une réalité à laquelle tout un chacun était alors contraint de parer en espérant trouver essentiellement un endroit où ensevelir un proche. La majorité des cimetières situés à la périphérie immédiate de la ville ou sur ses hauteurs allaient rapidement afficher «complet » à moins de, encore une fois, rouvrir des tombes. Par voie de conséquence, la réalisation de deux nouveaux cimetières est plus que salutaire. Enfin, il est pour le moins incompréhensible que la ville d’Ali Mendjeli laquelle abrite plus de 500.000 habitants pour atteindre sans doute le million dans moins d’une décennie ne dispose pas d’un cimetière.
A. L.
 
Chiens errants : L’autre plaie urbaine
Est-il besoin de rappeler qu’en plus de représenter un danger physique direct pour les personnes, les chiens errants sont également de parfaits» vecteurs de maladie transmissibles. Ils sont légion à hauteur des 12 communes de la wilaya de Constantine et si les services techniques desdites municipalités s’évertuent ostensiblement et toutefois épisodiquement à procéder à des opérations d’abattage celles-ci n’en ont pas moins l’efficacité d’un cautère sur une jambe de bois. En effet, vaille que vaille et c’est de notoriété publique si les services communaux procèdent aux éliminations de masse évoquées il n’en demeure pas moins que le champignonnage  de chantiers de construction ne répondant pas aux règles contribue au renouvellement des meutes du fait de l’usage d’autorité dévolu par l’homme aux canidés aux taches de gardiennage. Ils sont par voie de conséquence dressés pour «protéger» les lieux alors même que par nature ils ne font finalement que s’attaquer à tout indu visiteur et pis encore à tout lambda déambulant à la périphérie d’un chantier. Paradoxalement la fermeture d’un tel espace ne produit pas l’effet attendu à savoir une sorte de retour au calme sur une zone donnée mais bien au contraire aggravera la situation en reversant une, voire des meutes à travers les rues, les cités…
Pourtant à Constantine, l’opportunité a fait qu’existe une sorte de César Milan (célèbre dresseur américano-mexicain héros d’une série télévisée) en l’occurrence le Dr. HajiraHacène, vétérinaire de métier qui, il y a quelques années, a tenté de monter un projet intitulé «Salem» consistant à créer un refuge pour les chiens errants parce que considérant que «l’abattage n’est pas la solution» pour insister sur le fait qu’il y va de «l’équilibre de l’écosystème ».  Joint au téléphone, c’est à quelqu’un de désenchanté que nous avons eu à parler. «Malheureusement, ça n’a pas marché comme j’aurai voulu, il y a eu des défections et les projets de création de refuges au niveau des grandes wilayas a avorté à l’exception de celui d’Oran qui, à nos yeux, constitue un orgueil puisqu’il fonctionne dans les meilleures conditions ». En attendant, chiens, chats et humains vivent dans en quasi communion puisqu’il ne semble exister aucune solution viable à même de mettre un terme à cette cohabitation forcée.
A. L.
 
 
 
 
Brèves 
Hadjis : Préparatifs au départ
Les futurs hadjis sont invités à se rapprocher des services concernés entre ceux de l’APC pour confirmer l’authenticité de leur inscription sur les listes de cette année et ceux des commissions en charge de la vérification et la validation des documents attestant de leur état de santé d’une part et la régularité du livret de vaccination. Cela étant, ces derniers auront à s’acquitter de la somme de 856.100 dinars algériens. Les frais de déplacement notamment le billet d’avion étant inclus dans ce coût.
Compositions : Eviter de mettre la pression sur les écoliers
Tout au long des cinq jours consacrés aux compositions dans les établissements d’enseignement primaire, les responsables au des autorités locales en charge de leur préparation et organisation n’ont eu cesse de rappeler aux parents la nécessité d’avoir un comportement normal à l’endroit de leur progéniture. En somme, il était recommandé et surtout attendu desdits parents de ne pas mettre de pression à des enfants alors même que tout au long de l’année scolaire ils ont bénéficié d’un enseignement pédagogique à même de leur permettre de réagir efficacement et sans émoi à une situation à laquelle ils étaient amplement préparés.
Logement social : Des recours qui durent
S’agissant du dossier du logement social, les habitants d’Aouinet el foul, l’un des plus vieux quartiers de la ville, ont exprimé leur inquiétude et fait part de leur préoccupation quand à l’absence de suite accordée aux recours qu’ils auraient formulé il y a près d’une année après avoir été éliminés des listes d’attribution. Sur cet aspect précis du dossier, S. Zoheir, président du comité de quartier,rappelle que «les recours ont été formulés le 30 juin 2021 soulignant dans la foulée que 28 familles n’ont toujours pas eu de réponse à leur recours. Il s’agit en fait de personnes âgées qui vivent dans des conditions très difficiles»
Femme entrepreneure : Une présence limitée
Comparativement à la moyenne nationale, les femmes d’affaires ou entrepreneures ne seraient pas nombreuses à Constantine. C’est du moins le constat fait par le directeur de la Maison de l’entrepreneuriat de l’Université A. Mehri.«Toutes activités économiques concernées, sur la wilaya de Constantine, l’entrepreneure ne représente que 16% au moment où les hommes en sont à 66% ». Toujours selon le directeur de la même structure, il se trouverait paradoxalement «des femmes qui préfèrent activer dans le secteur informel au motif qu’elles ne se résolvent pas pour des raisons administratives contraignantes à pratiquer une activité légale» en fait, ces entrepreneures disent clairement décliner de faire du porte-à-porte entre les banques et autres établissements administratifs.
A. L.