Au cœur de nos régions : Tizi-Ouzou, l’été de tous les défis

A l’instar de toutes les wilayas du pays,  celle de Tizi-Ouzou s’apprête à vivre un nouvel été qui s’annonce très chaud.  Certainement, les cités balnéaires enregistreront un grand rush vers leur plage. Un rush auquel la Protection civile se prépare avec le recrutement de 300 saisonniers ou surveillants de baignade qui auront pour mission de veiller au grain sur les rivages. L’été est aussi synonyme d’incendies  pour lesquels la Protection civile et la Conservation des forêts mobilisent tous leurs moyens humains et matériels en mettant toutefois l’accent sur la sensibilisation et la prévention. La saison estivale est celle de toutes les réjouissances et fêtes où l’on s’éclate mais aussi que l’on prépare par l’achat de vêtements, bijoux  et autres literie que l’on retrouve à des prix abordables au sein de ces foires commerciales qui foisonnent un peu partout à travers le territoire de la wilaya.  L’été est souvent mis à profit par la direction des travaux publics pour réhabiliter les tronçons routiers défectueux  en raison des matériaux composant le bitume qui ne résiste pas au froid qui le rendent inutilisable. Enfin, la ville de Ain-El-Hammam se retrouve aujourd’hui confrontée au problème d’un glissement de terrain qui  menace sa partie  sud de disparition. Un  phénomène sur lequel nous sommes revenus avec force et détails.
 
Prévention contre les incendies de forêts : Vaste campagne de sensibilisation lancée  
Une campagne de sensibilisation  sur les incendies des feux de forêt a été lancée mercredi dernier. Une campagne à laquelle ont été associées de nombreuses directions, notamment la Protection civile, la Conservation des forêts, les services agricoles, le Parc national du Djurdjura, la jeunesse et les sports et les membres de la société civile et du mouvement associatif.
La sensibilisation qui s’étalera jusqu’au 17 juin prochain et touchera pratiquement tous les villages. En attendant, une journée  de sensibilisation sur ces feux de forêt a été organisée à la maison de la culture Mouloud-Mammeri du chef lieu de wilaya.  Une rencontre  qui a été riche en enseignements pour les participants. C’est ainsi que le conservateur des forêts Youcef Ould Mahand est revenu sur les incendies qui avaient embrasé la wilaya durant l’été 2021. «Les incendies de l’été dernier ont ravagé une superficie totale de 43.398 ha alors»,  lance-t-il d’emblée. Ould Mohand a indiqué que «92 % des espaces ravagés par les incendies de l’été dernier relèvent du domaine privé contre 8% seulement du domaine public.» Il a mis l’accent sur le manque d’entretien de la part du privé de son domaine. Il impute cela au phénomène social, à savoir les problèmes liés à l’héritage  qui prévaut au sein de la société mais aussi au phénomène d’émigration  tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.    «Il y a des parcelles qui sont abandonnées car elles sont dans l’indivision et font toujours l’objet d’un litige d’héritage de leurs propriétaires ou encore dont les propriétaires légaux vivent en dehors de la wilaya», relève-t-il.  Et d’ajouter : «Ces espaces non entretenus ont, aussi, favorisé la propagation des flammes  des parcelles pourtant nettoyées aidés en cela par les forts vents qui avaient soufflé sur la région» a-t-il poursuivi.
Pour sa part, Mohamed Skandraoui, chef de service de la  protection faune et flore au niveau de la même  conservation a indiqué  que «la carte de sensibilité aux incendies à été, également, actualisée en prenant en compte de 3 facteurs essentiels, l’historique et la fréquence des incendies, les dégâts causés et la proximité urbaine». Skandraoui, tout en mettant en relief les  44 communes  à risque d’incendies très élevé dont 13 exceptionnellement élevé,  a, toutefois, souligné que «l’enjeu n’est pas dans le volume des moyens mobilisés mais dans la prévention et l’éveil citoyen pour parer à ces incendies». Et de rappeler, à cet effet, que «la régénération  du couvert végétal suite aux dernières précipitations n’est pas sans conséquence une fois ce dernier asséché s’il n’est pas pris en charge par un entretien continu ».
De son côté, le colonel Abdelhakim Chabour, directeur de la Protection civile, a indiqué, également, que «le dispositif anti-incendies est mis en place  avec tous  les moyens humains et matériels qui lui sont nécessaires». Il reste que pour lui, «le facteur humain qui est souvent à l’origine des incendies doit aussi être le premier élément à être aux avant-postes de cette lutte  par la prévention qui doit être sienne».
Rachid Hammoutène
 
 
Foires commerciales : L’autre attraction estivale
A Tizi-Ouzou, Yakouren,  Draâ Ben Khedda, Ouaguenoun, Draa-Ben-Khedda, Tigzirt, Azeffoun  et bien d’autres localités de la wilaya, les foires dites  commerciales ont la cote durant la saison estivale. Ces dernières,  qui  durent en moyenne 15 jours  peuvent aller bien au-delà du moins pour ne pas dire durant toute la saison estivale, attirent durant l’été  des milliers de visiteurs chaque jour. C’est dire qu’elles constituent avec la plage et les mariages les grandes attractions de l’été dans la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est même  devenu  un effet de mode depuis quelques années dans la wilaya de Tizi Ouzou. En effet, de larges banderoles, suspendues un peu partout annoncent la tenue de foires commerciales aux chefs-lieux de plusieurs communes.  «En  fait, ces foires ont un avantage sur les magasins qui pourtant pullulent dans ces régions  du fait que les visiteurs potentiels acheteurs n’ont pas besoin de parcourir des distances et faire du lèche-vitrine pour trouver les produits désirés » nous dira une femme habituée à ces foires. Pour elle, « les foires commerciales restent indétrônables ». Elles  le sont    non seulement en matière de fréquentation et d’affluence de la part des visiteurs, mais aussi et surtout par la quantité d’achats qui y sont effectués chaque jour.  Bien évidement c’est la gent  féminine qui est le plus attirée par ces foires tant elles constituent le gros du contingent  des visiteurs. En fait, cela  permet à  ces femmes de sortir un peu et rompre avec la monotonie du foyer à laquelle elles sont soumises. «Certes,  c’est une occasion pour faire des achats de toutes sortes, mais aussi pour sortir un peu et respirer un air pur et papoter quelque peu entre nous femmes «  dira une autre habituée de ces sites commerciaux.
Aussi, les organisateurs de ces manifestations commerciales prennent toujours le soin d’aménager un espace attractif de jeux et de loisirs dédiés aux enfants pour que l’excuse de sortir est bien indiqué en prétextant le plaisir que trouve aussi la progéniture dans ces sites.Outre cette évasion, les visiteuses profitent aussi des prix pratiqués qui sont souvent avantageux par rapport aux magasins.
R. H.
 
Protection civile : 300 saisonniers à recruter  pour la surveillance des plages 
Dans le cadre de la préparation de la saison estivale qui commencera officiellement le 1er juin prochain, la Direction locale de la Protection civile a lancé une campagne de recrutement de saisonniers pour la surveillance des 8 plages autorisées à la baignade dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Comme il est de tradition, les mois de juillet et août où le pic des baigneurs est atteint, la Protection civile a prévu  pour chacun de ces deux mois 300 surveillants de baignade.  Alors que pour le mois de juin, elle aura besoin de 200 et 120 pour le mois de septembre. Selon le capitaine Kamel Bouchakour, le chargé de communication de  cette direction, le recrutement reste ouvert tout au long de la saison estivale  «dans la mesure où aucune date  butoir n’a été arrêtée. Et ce, même si les tests  ont été organisés au courant de la mi-mai  au niveau des plages de Tigzirt (plage communale)  et  Azeffoun (plage du Caroubier)». Il nous apprendra que le nombre va crescendo. «Ainsi, si les deux cents  retenus au mois de juin  veulent poursuivre leur mission, nous n’allons procéder qu’au recrutement de 100 agents supplémentaires  pour le mois de juillet. Tant pour lui c’est un travail saisonnier où l’intéressé est libre de poursuivre ou de cesser son activité. D’ailleurs, et fort des expériences des saisons précédentes,  il invitera les jeunes  de plus de 18 ans à la date du dépôt de leur dossier de se rapprocher des  unités de la Protection civile les plus proches de leur résidence à tout moment de la saison. «Pour peu que le candidat ait des notions de natation et qu’il  présente  des qualités physiques  pour exercer ce métier de saisonniers» conclut-il.
R. H.
Infrastructures routières : Lancement des travaux de réhabilitation de la RN 12 
Prévus depuis un moment déjà, les travaux de réfection, de réhabilitation  et de modernisation de la Route nationale (RN) N°12, ont été entamés depuis plus d’une semaine  sur un tronçon de 18,5 Km.
Dotés d’une enveloppe  de 2.000 millions DA, ces travaux ont été  confiés  à 5 entreprises  à l’effet de les voir rapidement achevés pour ne pas pénaliser les usagers de cette route qui en souffrent déjà notamment avec l’arrivée des grosses chaleurs. En effet, les délais de réalisation ne devraient pas dépassés les 3 mois.  Des travaux qui consistent comme le soulignera le wali  en  le  bitumage de certains tronçons défectueux et de l’élargissement d’autres.
 Outre ce projet, la direction locale des travaux publics (DTP) a inscrit dans son agenda d’autres  projets routiers. « Plusieurs études de projets routiers au niveau de la wilaya sont finalisées et certaines proposées pour inscription dans le cadre de la loi de finances. Il s’agit, entre autres, de l’aménagement en axe autoroutier de la RN 12, sur une longueur de 14 Km, en direction de la wilaya de Béjaïa, et la liaison Fréha-Azeffoun sur 28 Km, finalisées et proposées pour financement. Le projet de la voie express en 4 voies reliant le flanc Sud de la wilaya, de Ain El Hammam à Draa El Mizan, longue de 57 km dont l’étude est finalisée mais pas encore proposée pour inscription. Et la liaison de la localité de Maatkas à la pénétrante autoroute Est-Ouest sur 20 Km ainsi que de la déviation des agglomérations de Larbaa N’Ath Irathen, Aiïn El Hammam, Ouadhias et Makouda » a indiqué Smail Rabhi  le premier responsable de la DTP. Ce dernier  citera aussi  l’évitement de la ville d’Azeffoun sur 4 Km à partir du CW 158 pour rejoindre la RN 24 à la sortie Est de la ville dont l’avancement physique des travaux est de 78%. Ainsi que la mise à disposition de certaines communes d’une enveloppe de 90 milliards de centimes pour la réhabilitation des plus dégradés des chemins communaux.
R. H.
 
 
Glissement de terrain à Aïn El-Hammam : Habitants et administration campent sur leurs positions 
Le sempiternel problème d’évacuation des habitations touchées par un glissement de terrain dans la ville d’Aïn El-Hammam (60 km au sud est de Tizi-Ouzou)n’est pas près de connaître son épilogue.  Car si l’administration a notifié  aux128 foyers et 60 commerces par un arrêté promulgué le1er janvier 2022 de la démolition de leurs habitations et commerces, les concernés rejettent cette option.
Pour rappel, le glissement de terrain de Ain El Hammam, dont les premiers signes ont été constatés en 1967, sur une superficie de plus de 23,5 ha affecte une pente fortement urbanisée. « Le site subit une intense érosion superficielle due essentiellement au ruissellement des eaux de pluies et la surcharge du site par des constructions, selon la recherche consacrée à la caractérisation du glissement de terrain de Ain El Hammam»  avait conclu l’étude qui avait mis en garde quant à la dangerosité du site en question.  Il faut dire que par le passé, l’administration coloniale qui avait effectué, au début des années 50, une étude  des sols  de  la ville de l’ex-Michlet, avait déclaré la zone en question «Non ædificandi» qui veut dire tout simplement non constructible. Une décision respectée puisque la zone en question n’avait  jamais  été construite avant que la délégation exécutive communale (DEC) puis les élus de l’APC qui  avaient suivi  avaient lancé une vaste opération de construction. Depuis, ce sont plus de 26 immeubles qui ont été réalisés dont 14 publics et 12 privés pour un total de 128 logements et 300 locaux commerciaux.
Une fois ce glissement apparu au grand jour et menaçant des vies humaines, il a été décidé, au début des années 2000, de lancer une véritable étude sur ce phénomène  qui a été confiée à un bureau d’étude français qui avait révélé l’amplitude de ce phénomène qui touche non seulement Ain-El-Hammam mais aussi des sites en contrebas de la ville.
Pour les spécialistes, ce glissement de terrain est «pernicieux ». Il ne présente aucun signe à l’intérieur des habitations. « Aucune faille ou fissure n’est enregistrée dans les maisons mais ce sont les immeubles qui bougent entièrement avec le sol »,  affirme un technicien Contrôle Technique des constructions (CTC). Si bien qu’il a été décidé de procéder au plus pressé à la démolition des immeubles les plus menacés. C’est ainsi qu’une première opération d’éradication a été engagée en 2009 suivie d’une seconde en 2019 pour un total de 54 logements et 168 locaux commerciaux avec recasement pour les foyers dans d’autres habitations mais aucun pour les commerces.
Des commerçants sans locaux
Une situation qui a fait que de nombreux commerçants se sont retrouvés du jour au lendemain sans locaux. Ainsi voyant que leurs  confrères n’avaient pas bénéficié d’indemnisations ou de recasement, les commerçants et habitants concernés par la nouvelle opération de démolition qui a été notifiée aux  128 foyers et 60 commerces concernés par l’arrêté du  01  janvier 2022 sont montés au créneau. Ils refusent de quitter les lieux. Regroupés en associations ont  rejeté dans une pétition, cette option. Ils soutiennent que la décision de démolition  ne revêt aucun  critère valable.  «Nous n’avons jamais été mis au courant d’une quelconque expertise concluant à un risque éventuel d’un danger imminent», soutiennent-ils. Comme ils ont rappelé qu’ils habitent et exercent leurs activités depuis plus de 20 années. Aussi pour eux,  la démolition peut être évitée en apportant des solutions  » qui existent »,  énumérées dans leur pétition « et qu’il  suffit d’une certaine volonté des pouvoirs publics pour les concrétiser ». Enfin, ils exhortent l’administration à effectuer «une expertise pertinente et indépendante pour estimer  et évaluer l’état des lieux».
Après avoir menacé de battre le pavé, les protestataires ont arraché une réunion avec le wali Djilali Doumi qui  s’est déplacé  sur les lieux pour les rencontrer. Ce dernier s’est montré intransigeant en refusant toute idée de surseoir à la décision d’évacuation et de démolition des sites  en question. Et ce même si les membres de ce collectif avaient mis en avant  la perturbation qu’occasionnerait une telle évacuation pour leurs enfants en fin de cycle scolaire. Mais le wali s’est engagé à assurer le transport et la restauration des candidats de et vers les centres d’examen. « La seule concession que le premier magistrat de la wilaya aurait accordée mais au conditionnel est de mettre en place éventuellement  une nouvelle expertise non sans exiger comme préalable l’évacuation des lieux»,   affirme un membre du collectif.
Du côté de l’administration, nous avons appris qu’un citoyen de la même localité a fait don d’une assiette de terrain de 4 hectares  et qu’il sera procédé au choix de terrain pour la réalisation de 500 logements. En attendant,  les 128 ménages  concernés par l’évacuation bénéficieront d’une opération de recasement à Oued Fali au chef-lieu de wilaya dans un programme initialement destiné aux habitants de la commune de Tizi-Ouzou.  Non contents des réponses du premier magistrat de la wilaya, les contestataires avaient tenté d’organiser une marche de protestation mercredi dernier qui a été empêchée.
R. H.
 
 
Plage de Tigzirt : Un poste de garde en dur 
L’APC de Tigzirt a engagé la réalisation  d’un poste de garde et de surveillance en dur au niveau de la plage communale. Confinés jusque-là dans des espaces en préfabriqué, les services en question jouiront désormais d’une structure en dur sur trois niveaux. C’est ainsi que le rez-de-chaussée est réservé à la Protection civile pour ses surveillants de baignade et les premiers soins en cas d’accident, le deuxième pour les éléments de la Sûreté nationale et enfin le troisième pour l’administrateur de la plage.  Selon le P/APC  Lounès Argradj, «il était impératif pour l’APC  de réaliser cette structure en dur  tant celle existante subissait chaque année des dégradations que l’APC se devait  de réhabiliter à coups de dizaine de millions de centimes.
Les travaux de réalisation ayant pris un petit retard, le paquet a été mis pour l’achèvement  du rez-de-chaussée qui devrait être livré  à la mi-juin tout en poursuivant les travaux jusqu’à leur achèvement.
  R. H.