Au rendez-vous de l’Histoire :  «Les médias, cet autre outil de combat diplomatique»

La guerre de Libération nationale, les sacrifices pour la souveraineté et l’unité nationale, l’état des moudjahidine, et autres évènement, avaient été rapporté dans le moindre détail par les jeunes journalistes algériens, et leurs compagnons parmi les révolutionnaires notamment les martyrs. Ces derniers utilisaient les moyens qui se présentaient, et ont pu être le porte-voix de la société.

Lors d’une rencontre inscrite sous le thème « c’était le 19 mars », tenue au Salon international du livre d’Alger SILA 2022, le commandant Azzedine, et plusieurs autres experts et chercheurs spécialisés dans le mouvement national et la guerre de libération, étaient « au rendez-vous de l’histoire ».  Si c’était à refaire, le commandant Azzedine aurait choisi comme arme, la caméra au lieu de la mat-49. Pour lui, le sacrifice des journalistes montés au maquis était immense et étaient considérés comme de véritables héros et martyrs pour le travail qu’ils avaient accomplis. Il révèle, que la presse métropolitaine occupait la scène, jusqu’au moment où les moudjahidine avaient trouvé le moyen d’éditer leurs propres journaux. « Ce fut une aventure exaltante à travers quelques feuilles et quelques signes et une imprimerie de fortune qui nous a permis d’apprécier le sens du verbe Lire », dit-il. « Pour une armée mobile comme la notre, cela relève du prodige et chaque secteur avait son propre service de presse constitué de moyens primitifs mais ingénieux », ajoute t-il. Sur un ton fier, le commandant Azzedine souligne : « les médias sont l’autre outil de combat diplomatique ».
 Pour Hassan Remaoun, chercheur au CRASC, le mouvement diplomatique algérien, a vu la naissance de jeunes qui s’étaient constitué en machine de guerre, pour faire face au système colonial français. Le même responsable précise, qu’aujourd’hui les enjeux de l’Afrique porte sur l’évolution de l’Algérie qui a précipité les indépendances. « Les forces sont concentrées sur l’Algérie », dit-il.
 Evoquant la stratégie française, il explique qu’elle était essentiellement basée sur l’Afrique qui a vu, pour sa part, la naissance de mouvements protestataires qui tentaient d’aboutir à une indépendance octroyée et créer des Etats libres vers les années 50, mais qui permettaient à la France d’instaurer son système pour tenter de contrecarrer la révolution en Algérie, intégrer le Sahara et mettre la main sur les ressources naturelles et les richesses.
M. Remaoun, précise que c’est à travers le quotidien El Moudjahid, que le soutien des Etats africains au mouvement de libération s’est fait remarquer, et la diplomatie algérienne s’était appuyée sur ces pays.      Le même responsable rappel, que El Moudjahid N°33 avait fait la Une avec le titre « L’Afrique aux Africains ». « Ce qui indique que l’Afrique constituait un axe », note l’expert. Dans son N°49, le quotidien El Moudjahid, avait annoncé, selon l’intervenant, « Voyage à Conakry : arrivée de la délégation algérienne ». Dans son numéro 50, El Moudjahid sort : « Bombe française, un défis aux africains », soit un sujet relatif à l’expérience nucléaire de la France en Afrique. Selon le chercheur, plusieurs évènements se sont succédés dont « martyrs de la cause africaine », « le cri de l’Afrique » et autres Unes notamment sur la préoccupation constante du FLN envers l’Afrique.  Pour Hassan Remaoun : « il est important de défendre la mémoire ».
Rym Harhoura