Aucun tube depuis des décennies : Pourquoi le Chaâbi patine

Alors que dans les années 1980 – 1990, les cassettes de Meskoud, Reda Doumaz et Kamel Messaoudi, se vendaient par milliers et les jeunes fredonnaient leurs chansons, aujourd’hui, la chanson Chaâbi semble morte.

Après la fin de la décennie noire, le monde de la musique a repris ses activités et dans tous les styles dont l’andalou, des chanteurs dominent la scène en apportant des nouveautés sauf dans le domaine du Chaâbi qui ne cesse de patiner. Chaou Abelkader qui s’est retrouvé seul sur le terrain à cause ou grâce de certains chanteurs tels Abdelmadjid Meskoud et Reda Doumaz touchés par la maladie ou de Hsicen Saadi qui s’est consacré à la peinture, n’arrive pas lui aussi à nous offrir un tube comme ceux qu’il enregistrait dans les années 1980. On sait qu’il y a des chanteurs qui ont de belles voix mais ils n’arrivent pas à convaincre ou à produire de belles chansonnettes comme autrefois. C’est vrai que la chanson Chaâbi a été touchée par le décès de certains hommes tels que Mahboub Bati qui était à la fois un grand compositeur et parolier mais aussi producteur mais il est toujours possible de relancer ce style. Il y a des paroliers, des musiciens et des producteurs et des chanteurs mais il y a par contre l’absence de vouloir bien faire. Les chanteurs qui ont un nom tels que Chaou semblent se contenter de leur célébrité puisque leurs pour les fêtes de mariage sont complets toute l’année. Il faut rappeler qu’une soirée de mariage d’un chanteur tel que Chaou est payée à plus de 40 millions de centimes, c’est-à-dire beaucoup plus qu’un concert à la salle Atlas. Si certains chanteurs tels que Nacereddine Gualliz ont fait des efforts pour trouver leur propre style, d’autres continuent à imiter Guerouabi et El Anka car on en a fait des petites stars en les programmant à la télévision. Le Chaâbi patine car la majorité des chanteurs ne font pas d’efforts. Il n’apprennent même pas le texte et les réalisateurs les encouragent dans cette médiocrité en leur permettant de s’assoir devant un pupitre. Au lieu de sourire ou vivre sa chanson, le chanteur s’occupe à voir le texte et à tourner les pages. Ce phénomène ne touche pas seulement les jeunes puisque les faux maîtres leur donnent les mauvaises leçons et les producteurs n’osent pas leur exiger d’apprendre le texte. Cette mauvaise tradition existe depuis longtemps mais elle s’est généralisée depuis quelques décennies. Les maitres d’autrefois notamment, Hadj M’nouer et Hadj M’hamed El Anka apprenaient par cœur les Qaçaid qu’ils chantaient lors des concerts et les fêtes familiales. Des chanteurs comme le maitre Mazouz Bouadjadj et Abdelkader Cherchem ont suivi la même voie.
La facilité
On se demande comment un interprète ne peut pas apprendre une petite chansonnette. Cela veut dire qu’il ne fait pas le moindre effort pour réussir et choisit la facilité.  Il faut noter que seul Abdelkader Bendameche avait exigé des règles de professionnalisme aux chanteurs pour qu’il soient filmés, lorsqu’il était directeur de la production à l’ENTV. Par ailleurs, la plupart des chanteurs de Chaâbi ne font pas de répétition et se contentent le soir du concert à trouver des musiciens pour les accompagner. Tant qu’on continue dans ces mauvaises habitudes, le Chaâbi continuera à patiner.
Bari Stambouli