Audiovisuel, presse écrite et électronique : Ancrer les règles de l’éthique et de la déontologie

L’organisation tant juridique que pratique du secteur de l’audiovisuel et de la presse est plus que jamais nécessaire, pour faire face aux effets négatifs engendrés par l’anarchie qui a régné jusque-là.

Les lacunes dans l’application de la loi organique sur l’information de 2012 ont constitué un motif important pour entreprendre une démarche de la révision de cet important texte. Devant cet état de fait, le président de la République a, lors de du dernier Conseil des ministres, souligné l’importance du projet de loi relatif à l’activité audiovisuelle et son rôle dans la promotion de la pratique médiatique dans le cadre de la liberté d’expression qui garantit l’intérêt du pays et du citoyen. Le souci des autorités est désormais de veiller à ancrer les règles du professionnalisme.
Tebboune a mis l’accent sur la nécessité de «définir des critères qualitatifs pour promouvoir la performance des médias nationaux et garantir leur conformité aux exigences du professionnalisme, notamment en ce qui concerne le traitement des questions spéciales ou d’investigation». Le nouveau projet de loi permettra surtout de normaliser le statut qui reste «confus» des chaînes privées, dont les sièges sociaux se trouvent à l’étranger. Elles sont soumises au droit étranger, mais leur activité s’exerce en Algérie, les personnels sont nationaux et leurs programmes sont destinés aux Algériens.
Les dispositions du projet de loi visent, en fait, à conférer la transparence et la légitimité aux activités audiovisuelles, par l’adoption notamment de cahiers des charges sous forme d’accords encadrés par la loi qui obligent les chaînes publiques et privées à respecter les règles de l’éthique et la déontologie souvent bafouées. Elles s’engagent aussi à éviter le monopole en exigeant de chaque actionnaire de ne détenir, au maximum, que 33% des parts, tout en garantissant le droit de préemption au profit de l’Etat.
Il s’agit également de définir, avec précision et transparence, les sources de financement, d’éviter toute source ambiguë ou suspecte, de préciser la nature de la chaîne, son identité, ses objectifs et le contenu de ses programmes qui doivent se conformer aux règles de l’éthique et de la déontologie. Devant les ministres, le chef de l’Etat a ordonné aussi de finaliser l’élaboration du projet de loi-cadre relatif à l’information et du projet de loi sur la presse écrite et électronique. Ce dernier s’inscrit, rappelons-le, conformément aux dispositions de la Constitution de 2020 qui consacre la pratique démocratique et détermine et régule les droits et libertés en même temps qu’elle garantit le service public et l’intérêt national. Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, avait soutenu, lors de sa dernière intervention à l’APN, que sont département s’attelle à l’élaboration des projets de loi organique sur l’information et l’audiovisuel
M. Benkeddada