Augmentation de la marge bénéficiaire de 1 DA : Les laiteries privées  insatisfaites

Le vice-président de la filière lait,  affiliée à la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA), Mourad Bouzekrini, se dit sceptique s’agissant de la décision du Conseil des ministres  concernant la révision à la hausse de 1 DA de la marge bénéficiaire des producteurs transformateurs.

Pour Bouzekrini, «ce taux ne couvre pas le coût de revient du sachet de lait pasteurisé». «C’est comme si nous avions reçu une gifle de la part des pouvoirs publics. Il est incompréhensible que le producteur qui a à sa charge des travailleurs ait  droit à une hausse de 1 DA quand  les distributeurs  bénéficient  d’une augmentation de 2 DA de leur marge bénéficiaire», ajoute-t-il, soulignant que l’organisation a voulu saisir, sans parvenir, le médiateur de la République pour exposer ses préoccupations. Notre interlocuteur rappelle que la marge bénéficiaire des laiteries était fixée à 0.70 centime. «Ce seuil n’a pas bougé depuis 2008, alors que nous avons enregistré des augmentations de plusieurs produits entrant dans le processus de fabrication», signale- t-il, citant la  pochette de film, à titre d’exemple  dont le prix a augmenté de 3 DA, passant à 420 DA/hors taxe/ kilo. A l’en croire, les laiteries privées  travaillent à perte d’au moins 5 DA par rapport au prix de revient. «Nous compensons cette  perte dans la production du lait caillé et des dérivés du lait.  Notre demande d’augmenter notre marge bénéficiaire à 5 DA n’est pas exagérée», renchérit-il, faisant remarquer que la majorité des laiteries privées fonctionne à hauteur de  30 à 40% maximum de leurs capacités de production. Il fait  savoir que sur 115 laiteries conventionnées avec l’ONIL, 60 tiennent le coup. «De nombreuses laiteries ont mis la clé sous le paillasson. Nous n’allons pas tarder à leur emboîter le pas», avertit  Bouzekrini. Ce dernier évoque, en conclusion, les propositions de la CIPA  concernant  la structure du coût de revient d’un litre de  lait reconstitué. Pour elle, le prix de revient est fixé à 24, 54 DA avec une marge bénéficiaire minimum de   2,45 DA et le prix de vente sortie d’usine à 27 DA. «Chez le détaillant, le prix du lait devrait passer à 30 DA», soutient Bouzekrini.
Wassila Ould Hamouda