Augmenter la production céréalière : Un défi à relever

Le président de la République a instruit, lors du dernier Conseil des ministres, le gouvernement à l’effet d’«intensifier les efforts pour garantir la sécurité alimentaire, notamment pour ce qui est des céréales, et ce, compte tenu des fluctuations internationales actuelles».

Un exposé a, ainsi, été présenté sur la préparation du processus technique de la campagne de production céréalière 2022-2023. L’objectif est de dépasser la récolte céréalière collectée en 2021/2022 qui devrait se situer entre 27 et 30 millions de quintaux avec un impact sur les importations de 25 à 26%, selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni. A noter que la plus importante quantité collectée durant les années précédentes était de 27 millions de quintaux, toutes variétés confondues. Dans ce sillage, le chef de l’Etat a insisté sur l’effet d’«élaborer un nouveau plan pour la réorganisation du secteur, loin de toute forme de bureaucratie et tenant compte de l’efficacité sur le terrain». Abdelmadjid Tebboune a, également, ordonné «l’expansion des terres agricoles pour la production de fourrage, tout en adoptant l’utilisation de moyens techniques modernes et d’engrais». Parmi les objectifs de cette nouvelle politique figurent l’augmentation de la superficie agricole dédiée aux céréales qui est actuellement de l’ordre de 3,3 millions d’hectares, l’amélioration des rendements agricoles pour atteindre les 70 quintaux par hectare et la généralisation de l’irrigation. En somme, il s’agit d’«assurer la sécurité alimentaire du pays qui est synonyme de souveraineté nationale», selon Akli Moussouni, expert agronome dans un cabinet d’ingénierie dans le secteur agricole agroalimentaire, commerce et environnement. C’est pourquoi, il estime nécessaire de réfléchir à  mettre en place «une politique agricole appropriée». Car, explique-t-il, «le secteur souffre beaucoup plus d’un problème de réglementation que technique d’où l’urgence de créer un cadre politique de sécurité alimentaire». Selon l’expert, «ce dispositif aura pour mission d’étudier les grands dossiers liés à la sécurité alimentaire, à savoir le foncier, l’eau et l’organisation de la profession autour des grandes cultures».
Et d’ajouter, «ce cadre politique doit disposer de techniciens, d’experts et de toutes les données pour pouvoir dénombrer l’ensemble des problèmes dont souffre le secteur». Il faut savoir, dit-il, que «le ministère de l’Agriculture ne peut pas, à lui seul, régler toutes les difficultés rencontrées sur le terrain par les professionnels du secteur en l’absence d’une structuration nationale et locale». Pour lui, «le département d’Abdelhafid Henni a besoin d’une nouvelle réorganisation, notamment au niveau de l’administration locale pour pouvoir mieux encadrer la politique agricole». «Nous avons besoin d’une refonte globale dont l’objectif principal est d’exploiter de manière plus rationnelle nos potentialités en ressources en eau et en terrains agricoles», souligne Moussouni. Il est, poursuit-il, «impératif de mettre en place les mécanismes exigés par la sécurité alimentaire dont la planification, la disponibilité des produits et un marché normalisé qui puisse assurer une traçabilité du produit présenté au consommateur».
Assia Boucetta