Avec les agents de la Protection civile de Dar El Beïda : Du répondant et de la maîtrise

Dans le cadre d’une série d’iftar organisée avec les corps constitués, cette fois-ci c’est aux côtés des agents de l’unité nationale d’instruction et d’intervention de la Protection civile de Dar El Beïda que la rupture du jeûne se fait.

Loin de leurs familles, les pompiers semblent s’adapter à ce rythme de vie qu’ils n’ont pas forcément choisi mais sûrement aimé. Ils sont, en effet, heureux de ce métier qui leur permet d’aller au secours des citoyens. Ces hommes et ces femmes dévoués au service de la population interviennent sur trois grandes missions : aider, secourir et former.
Durant ce mois du jeûne, rien ne change pratiquement pour eux. «C’est un planning identique à celui des autres jours de l’année», confie, le capitaine Abdelbasset Benabi à la Protection Civile de Dar El Beïda. «Nous travaillons avec un système 24/48, c’est-à-dire un jour sur deux. Nous maintenons le même programme que d’habitude. Les agents de la Protection civile attaquent leur journée à 8h30. Les responsables procèdent au rassemblement des éléments. Ils distribuent le programme des tâches, et font vérifier tous les matériels d’intervention..
Le soir et à l’heure de l’iftar, en deux temps, trois mouvements, les cinq pompiers finissent la chorba. D’autres préfèrent se désaltérer à l’eau minérale ou encore aux boissons gazeuses. Puis, l’iftar est interrompu pour permettre à l’ensemble des agents d’effectuer une prière collective (salat djama3a). Ensuite, les pompiers regagnent de nouveau la table. Le premier plat, une chorba, est suivi d’une chtitha jaj (poulet en sauce rouge), bourek avec une farce de poulet haché, un hors d’œuvre, différentes sortes de pain et l’ham lahlou. Au dessert, le choix entre yaourt et une crème dessert.
Un espace reposant
Au cours du dîner, le capitaine Abdelbasset Benabi explique que la Protection civile a trois niveaux d’alerte : alerte numéro un, le secteur de Dar El Beïda, alerte numéro deux, le territoire national, alerte numéro trois, l’aide internationale. Il a, néanmoins, cité les deux difficultés rencontrées souvent dans l’exercice de son métier : «L’entêtement des conducteurs qui refusent de céder la voie aux ambulances et la curiosité des citoyens qui entourent souvent l’accident, nous empêchent d’exercer normalement notre métier, et parfois, ils deviennent victimes par ignorance des risques encourus.» Après le f‘tour, l’officier fait visiter l’immense et vaste unité nationale d’instruction et d’intervention de la Protection civile de Dar El Beida. De immeubles, de la verdure, des espaces de jeux, salle de sports, restauration, dortoir, et même des animaux tels le paon bleu. S’ensuit un détour par le foyer pour siroter un café ou un thé à la menthe. Sur place, quelques agents se retrouvent pour discuter des sujets de l’heure et des choses de la vie. Interrogé sur le matériel d’intervention dont le pompier dispose dans cette unité, cet officier répond qu’ils disposent de plus de 25 ambulances, plus de 250 éléments dans différentes spécialités (la compagnie d’intervention, la brigade cynotechnique, la brigade de transmission, les magasins logistiques, le groupe de recherche et intervention dans les milieux périlleux ‘grimpe’, la brigade de motos pour faciliter la circulation en milieu urbain…)
Radio, téléphone et réseaux sociaux
En cas d’événement, les équipes d’intervention et les autorités doivent pouvoir compter sur une communication sans faille. Les systèmes utilisés par les agents de la Protection civile doivent par conséquent garantir un haut degré de fiabilité et résister en cas de surcharge due à un volume de communication élevé. Le système radio de sécurité utilisé par les éléments de la Protection civile répond à de telles exigences. Mais en cas de faille, informe le capitaine Abdelbasset Benabi, les éléments de la Protection civile ont recours au téléphone portable et aux réseaux sociaux pour communiquer les informations et échanger notamment les photos sur WhatsApp.
En revanche, une baisse d’interventions est enregistrée durant ce mois sacré de Ramadan par l’unité nationale d’instruction et d’intervention de la protection civile de Dar El Beïda. «Nous enregistrons une baisse d’interventions durant ce mois de Ramadhan par rapport à l’an dernier où nous faisions  plusieurs évacuations des personnes covidées. La brigade «A» en a effectué 132. Pour l’ensemble des brigades, nous avons réalisé un bilan de plus de 350 interventions entre accidents de la circulation, évacuation des malades, feux d’appartement, accidents domestiques, inondations…», a-t-il mentionné.
Baisse des interventions
Il est 20h55 lorsque le capitaine Abdelbasset Benabi entend sur sa radio le signalement d’un malaise dans une habitation. En réaction, les éléments de la Protection civile démarrent promptement, gyrophares allumés, pour rejoindre le plus rapidement possible l’endroit signalé. Le souci, c’est le manque d’informations pour rejoindre le domicile de la personne malade, observe le capitaine. Cependant, les ambulanciers retrouvent vite la maison située au bâtiment 6 de la cité El Moussalaha, à Bab Ezzouar. Il s’agit d’un homme âgé de 68 ans, diabétique qui a fait une hypoglycémie alors qu’il n’a pas jeûné, souligne son épouse. Le patient est inconscient. Il est transporté vers la polyclinique clinique du 5-Juillet. Mais le staff médical est navré d’annoncer aux ambulanciers l’indisponibilité de sérum glucosé. Devant cette situation, le capitaine Abdelbasset Benabi opte pour les urgences de l’hôpital de Rouiba. Un choix qui s’avère efficace étant donné que le produit est bel et bien disponible. Une demi-heure après, le patient reprend ses esprits. Sa famille et les éléments de la Protection civile sont soulagés. Par ailleurs, le capitaine dévoile que dans la matinée de cette journée, ses éléments ont secouru une famille de trois personnes asphyxiées au monoxyde de carbone, à la cité Boushaki de Bab Ezzouar, traitées sur place par le médecin de la Protection civile.
Le capitaine Abdelbasset Benabi révèle qu’un pompier ne peut jamais être maître de son temps. «On n’informe jamais nos proches sur notre programme parce qu’il peut être modifié à tout moment.» Il raconte qu’il a déjà passé deux mois à l’unité de Dar El Beïda sans voir sa famille.
Radio, téléphone et réseaux sociaux : Indispensables outils
En cas d’événement, les équipes d’intervention et les autorités doivent pouvoir compter sur une communication sans faille. Les systèmes utilisés par les agents de la Protection civile doivent par conséquent garantir un haut degré de fiabilité et résister en cas de surcharge due à un volume de communication élevé. Mais en cas de faille, informe le capitaine Abdelbasset Benabi, les éléments de la Protection civile ont recours au téléphone portable et aux réseaux sociaux pour communiquer les informations et échanger notamment les photos sur WhatsApp.
Mais, une baisse d’interventions est enregistrée durant ce mois sacré de Ramadan par l’unité nationale d’instruction et d’intervention de la protection civile de Dar El Beïda. La brigade «A» en a effectué 132. Pour l’ensemble des brigades, nous avons réalisé un bilan de plus de 350 interventions entre accidents de la circulation, évacuation des malades, feux d’appartement, accidents domestiques, inondations…», a-t-il mentionné.
Samira Sidhoum