Avis de syndicats : Une catégorie en perte de vitesse

Les syndicats sont unanimes : la forte inflation rend sans grand effet toutes les augmentations salariales. Ils estiment qu’elle a fragilisé la classe moyenne.

 Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, est formel : la classe moyenne a disparu depuis les années 1990.  «Il n’y a jamais eu de classe moyenne depuis.  On ne peut pas parler de disparition parce qu’elle n’existait pas. Elle a été déclassée depuis plusieurs années déjà», se désole-t-il. Selon lui, la situation économique est plombée par  la dépréciation de la monnaie nationale et  l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen. Ce qui a frappé de plein fouet cette catégorie. Se faire plaisir, dépenser sans compter, organiser des  voyages, cela relève de l’impossible aujourd’hui», regrette-t-il. Le syndicaliste  estime  qu’aujourd’hui, il faut faire des sacrifices pour pouvoir maintenir un certain niveau de vie. «Les années d’aisance de la classe moyenne appartiennent à une autre époque. Aujourd’hui, les besoins du quotidien, du plus futile, sont remis en cause. Les salaires servent seulement à acheter de quoi manger.»
Abondant dans le même sens, Abdelmalek Azzi, enseignant universitaire et membre du Conseil des enseignants du supérieur (Cnes), indique que la classe moyenne est en perte de vitesse et  vit des moments difficiles. «Elle est en train de s’appauvrir»,  soutient-il. Il explique que  l’inflation est à l’origine de cette situation délicate. Pour lui, il y a intérêt à préserver cette catégorique, «épine  dorsale de l’économie».
Le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Dr Lyès Merabet, définit la classe moyenne comme une partie de la population qui par son niveau de vie se situe entre les classes riche et pauvre. «Or, en Algérie, elle a disparu, du moins pour un moment», estime-t-il. Selon lui, l’accélération de l’inflation a sonné le glas pour elle. Il ajoute que toutes les études syndicales ont démontré qu’il faut en moyenne un salaire de  60.000 DA pour avoir droit à un niveau de vie décent.
Dans son discours à la nation, lors de la cérémonie de son investiture, en 2019,  le président Tebboune avait  affirmé  que «la classe moyenne trouvera l’Etat à ses côtés, pour lui assurer une vie digne qui préserve sa dignité, par la mise en œuvre de tous les engagements inscrits dans le programme électoral». Il avait ajouté que l’Etat œuvrera «vigoureusement à augmenter le pouvoir d’achat de tous les citoyens, tout en supprimant l’impôt pour les catégories à faible revenu». Il a, ainsi,  décidé  du relèvement du Salaire national minimum garanti de 18.000 à 20.000, l’exonération des salaires inférieurs à 30.000 DA de l’impôt sur le revenu global et la réduction de celui-ci à la faveur d’une mesure de la loi de finances 2022
Amokrane H.