Bains turcs : Le site le mieux conservé à Sidi El Houari

Les bains turcs sont, de loin, le site historique et touristique le mieux conservé dans le quartier populaire de Sidi el Houari. Grâce au mouvement associatif, il a fait l’objet d’une opération de restauration et est entretenu en permanence.
Calfeutré, bien abrité derrière une haute muraille, à la rue Larrey, il est pratiquement invisible de l’extérieur. Il faut être un habitué des lieux ou un habitant du quartier pour le connaître. Les visiteurs peuvent passer à côté sans se rendre compte qu’à deux pas se trouvent les bains turcs les plus connus de la ville d’Oran. Une fois la porte en fer de taille modeste de ce site poussée, on est aussitôt projeté sur l’époque ottomane. Une grande coupole fait face à proximité de laquelle une grande affiche est placée de sorte à attirer l’attention des visiteurs et sur laquelle est précisé que la construction de ces bains est attribuée au Bey Bouchelaghem, après la libération de la ville en 1708. Ils sont composés de plusieurs salles de 4 à 15 m2, surmontées de deux coupoles, une petite et une grande, d’une terrasse avec jardins et d’une grande cour. Seules les deux coupoles sont visibles, les salles de bains étant édifiées juste en-dessous. À travers la petite coupole, entrouverte par endroits, on peut apercevoir le foyer où on allumait le feu pour chauffer l’eau.
D’après des experts, ces bains sont dotés d’un système de chaudière très ingénieux, grâce auquel toutes les salles étaient généreusement servies en eau chaude. Quand la France coloniale a pris possession des lieux, elle a érigé dans les bains turcs un lieu de laverie, une buanderie et a construit dans la cour le premier hôpital de campement militaire de la France coloniale, en 1832. Baptisée «Hôpital Baudens», la bâtisse est monumentale, construite en pierres taillées dans un style néo-classique. «C’est une architecture typique de l’architecture militaire de l’époque», précise le président de l’association Bel Horizon, Kouider Metaïr.
La bâtisse est vaste, très austère, très carrée. La seule touche de fantaisie permise est la forme en arcade ornant les murs extérieurs et les couloirs sous forme de tunnels. Certaines pièces extérieures sont transformées en ateliers pour l’apprentissage de nombreux métiers manuels, la ferronnerie notamment.
Un art très connu à Oran durant la période coloniale. L’aspect quelque peu lugubre de ce vieil hôpital est atténué par les plantes qui débordent des jardins, partie intégrante des bains turcs. Les jardins, très colorés, sont un régal pour les yeux. Une touche de couleur dans ce lieu à l’allure sévère. Ils sont très bien entretenus, entourés par des barreaux et une porte en fer forgé.
Quand on pousse cette dernière et qu’on pénètre dans les jardins, c’est tout un monde en fleurs qui s’offre. Derrière la porte forgée, tout est rigide alors que dans ce jardin, c’est animé. Au milieu, trône une fontaine ou l’eau jaillit, aspergeant la flore alentour. Un cadre idéal pour prendre des photos souvenirs.
 F. B.