Baisse du prix de la pomme de terre : Vers la fin de l’envolée des prix 

Le prix de la pomme de terre a connu une hausse vertigineuse les mois derniers. Ce tubercule, tant consommé par les ménages, a disparu des assiettes un certain moment. Rares sont les consommateurs qui l’achetaient. Certains l’ont boycotté, pendant que d’autres l’ont consommé par rations, soit par petite quantité, particulièrement ceux qui ont des enfants en bas âge.

Le prix de la pomme de terre a fait un bond de façon spectaculaire. Le prix du kilo a atteint les 150 DA le kg. De quoi donner le tournis. Que ce soit dans les marchés de proximités au niveau des différentes communes, ou bien chez les marchands informels, le prix affiché est le même. Aucune différence. Et pourtant, les marchands à la sauvette, qui sillonnent les citées et les quartiers populaires, affichaient d’habitude des prix beaucoup moins chers à ceux pratiqués dans les marchés, ou dans les magasins de fruits et légumes. C’est ce qui a affecté, d’ailleurs, les chefs de familles dans l’incapacité de trouver un produit de substitution. Ils se sont tournés alors, vers les pâtes et autres féculents, pour parer un tant soit peut à cette frénésie. Le prix de la pomme de terre, produit de première nécessité, a dépassé toutes les espérances. De leur côté, les spéculateurs justifient cette « cherté » par la baisse du dinar par rapport à la monnaie étrangère, mais aussi à la vague de froid. Il y a aussi le coût du transport, et celui des engrais, estimé selon les chiffres avancés par le ministère de l’Agriculture à 8000 DA le quintal contre 3700 DA auparavant. Des explications qui n’ont pas convaincu les consommateurs, qui qualifient cette hausse d’ « exagérée ».
 Mais après l’orage, le beau temps. Le prix de la pomme de terre est revu à la baisse, ces derniers jours, de façon progressive. Les raisons ? Bahidj Mohamed Ali, représentant de l’entreprise « Fassih », spécialisée dans la filiale pomme de terre, explique. « Un programme a été mis en place par notre filiale, d’ici jusqu’à la nouvelle année, sous instruction du ministère de l’Agriculture et du développement rural, en collaboration avec l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV), pour le conditionnement de la pomme de terre dans des sacs de 10 kilos », dit-il. « La pomme de terre, sera ainsi destinée directement aux consommateurs, au tarif réglementé de 50 DA le kg », précise t-il.
Selon le spécialiste, cette initiative va encourager la baisse des prix de la pomme de terre sur les marchés dans les prochains jours. S’y ajoute aussi, selon le même responsable, l’abondance de la nouvelle production qui va inonder le marché, celle en provenance de Oued Souf, Mascara, Mostaganem où le produit est disponible. En effet, une production prévisionnelle de l’ordre d’un million de quintaux de pomme de terre est attendue pour la saison agricole 2021-2022, dont la campagne de récolte a débuté au mois de novembre dernier.  Pour rappel, la pomme de terre est devenue une des principales cultures destinées à la consommation domestique. A signaler aussi, que l’Algérie est le premier producteur de pomme de terre dans le monde arabe, et le deuxième en Afrique après l’Afrique du Sud. Elle est principalement cultivée dans les wilayas d’Ain Defla, Mascara, Tlemcen, El Oued, Mostaganem, Chlef, Boumerdes et Skikda.
Rym Harhoura