«Balade au cœur de La Casbah d’Alger» de Samir Djama : «La médina grouille de vie»

Samir Djama est photographe professionnel et patron des éditions Colorset. «Balade au cœur de La Casbah d’Alger» est sa première expérience en tant qu’auteur. Une belle expérience qu’il veut renouveler en consacrant d’autres écrits qui seront consacrés à la Casbah d’Alger et à des sites historiques et villes anciennes dans différentes régions. Dans cette œuvre, l’auteur nous invite à l’accompagner dans les dédales de la médina,  joyau architectural et témoin de l’histoire ancienne et contemporaine de la capitale et de tout le pays, classé au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Il s’agit également de mettre en lumière des personnages qui se sont installés depuis des générations dans la citadelle.  Il dresse des portraits de femmes et d’hommes, artisans, artistes, habitants et passionnés, qui ont un dénominateur commun, la sauvegarde de la Casbah d’Alger.

Comment vous est venue l’idée de dédier un ouvrage à La Casbah d’Alger ?
C’était lors d’une visite guidée à l’ancienne cité, il y a de cela 3 ans, que j’ai pensé au projet d’écriture d’un ouvrage. Par la suite, j’y suis retourné, accompagné d’historiens, de résidents de la ville, pour collecter davantage d’informations. J’ai également effectué des recherches dans les bibliothèques et librairies. J’ai constaté que peu de documentation et de livres traitent da La Casbah d’Alger d’où mon idée de lui consacrer un livre.
Vous êtes photographe professionnel et patron des éditions Colorset. «Balade au cœur de La Casbah d’Alger» est votre première expérience en tant qu’auteur. Vos impressions…
Durant mes balades dans la citadelle, j’ai immortalisé les principaux sites qu’elle renferme tels que le palais du Dey, les hammams, les fontaines, les mosquées, dans des photographies que nous retrouvons dans le livre. J’ai mis du temps à prendre de bons clichés en empruntant les ruelles étroites et en visitant les sites principaux.
Vous avez rendu hommage à des personnages clés qui animent la vieille Cité. Parmi ces gens, on compte des artisans, des artistes, mais aussi des habitants.
Au-delà d’être un patrimoine architectural et  historique, la médina grouille de vie. Une dynamique constante depuis plusieurs siècles. Dans mon ouvrage,  l’humain est au centre d’intérêt que je lui porte. D’ailleurs, après la publication du livre, ces mêmes artisans ont contribué fortement à sa diffusion et l’ont rendu visible pour une bonne partie de la population de La Casbah. En discutant avec eux, des échos favorables nous sont parvenus. Un grand encouragement pour nous pour poursuivre cette belle expérience et d’écrire d’autres livres sur les cités anciennes et le patrimoine de notre pays. Dans ce sens, je prévois un livre qui illustre La Casbah. Il n’est jamais assez quand il s’agit de La Casbah. D’autres livres sur des aspects différents viendront.
J’ai rendu hommage au merveilleux travail de l’artisan ébéniste Khaled Mahiout, qui perpétue un savoir-faire local et artisanal qu’il souhaite transmettre à la jeune génération. Bahia Rouibi,Tarek Triki, et Mustapha Boulacheb sont, entre autres, artisans et artistes dont j’ai dressé le portrait. Toutefois, la transmission de l’art artisanal est une lutte continue, vu que les jeunes sont intéressés par d’autres professions, notamment avec la généralisation des nouvelles technologies qui attirent un bon nombre d’entre eux. Toutefois ces gens ne baissent pas les bras et résistent en perpétuant les différents métiers artisanaux. El Hachemi Benmira, l’un des anciens  dinandiers de La Casbah, décédé en 2021, a été cité pour lui rendre hommage et reconnaître son engagement dans la vie de la Cité et la promotion de l’artisanat. Une autre icône, connu de tous à La Casbah et ailleurs, le poète Himoud Brahimi, dit Momo, disparu  en 1997.
Entretien réalisé par Karima Dehiles