Balade en ville: Paisible et belle mascotte

Pour ceux qui aiment le calme et le farniente, le meilleur moment de la journée pour se balader à Bordj Badji Mokhtar en ce mois de mai, lorsque la chaleur commence à peser sur la ville, est à partir de 6h. En cette heure matinale, les doux rayons du soleil à peine sorti de l’horizon éclairent doucement El Bordj. Dans les rues à peine réveillées, quelques rares hommes et femmes cheminent paisiblement sans perturber le silence ambiant. Les premiers magasins commencent à ouvrir. Dans les cafés, déjà les premières tasses de thé sont servies.
Au centre-ville, quelques voitures font vrombir leur moteur, tel un réveil qui invite à accueillir le jour. A la lisière d’une placette publique, un café, arborant sur son toit un drapeau palestinien, diffuse des versets coraniques. Méditation. Sur sa terrasse, quelques tables sont déjà occupées. Deux serveurs n’arrêtent pas de faire le va-et-vient au comptoir pour satisfaire la commande des clients, pressés, travail oblige, d’entamer leur journée. Toutefois, un spectacle attire l’attention des clients, du moins ceux qui visitent pour la première fois Bordj Badji Mokhtar. Sur la placette, un troupeau de caprins paît en toute tranquillité. Des boucs, chèvres et chevreaux ratissent les lieux à la recherche de tout ce qui est comestible, restant à distance des badauds. Craintifs de nature, les caprins ne s’aventurent jamais près de l’homme, comme s’ils sont régis par un code. Mieux encore, devant une menace, ils sont sur le qui-vive. C’est le cas lorsque trois enfants traversent la placette en tenant un chien en laisse. A la vue du molosse, les chèvres se regroupent en formant une seule entité. Une réaction qui suscite le commentaire d’un des clients. «Il faut savoir que ce troupeau n’appartient pas à une seule famille. Mais à force de paître ensemble, ces chèvres ont fini par former un seul clan», remarque-t-il. Et d’ajouter : «Elles n’occupent pas seulement ce territoire, vous les trouverez un peu partout dans les quartiers de la ville. Ici à El Bordj, nombreuses sont les familles qui élèvent des chèvres. Et ce, pour leur lait, leur peau et leur viande.
C’est dans nos traditions». Ainsi, dans quasiment chaque quartier, on croise des chèvres. «Elles ne se mettent jamais en danger pour traverser la route ou importuner les piétons. Elles font partie du décor et sont très utiles», affirme un autre client. Et de poursuivre : «Dès la nuit tombée, chaque troupeau rentre au bercail. Ils reconnaissent, si l’on peut dire, instinctivement les maisons de leurs propriétaires respectifs, même si celles-ci se trouvent à l’autre bout de la ville. D’ailleurs à ma connaissance jamais une chèvre ne s’est perdue». Il faut savoir que la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, et ce sur le territoire de ses deux communes, à savoir Timiaouine et celle de son chef-lieu, dispose d’un cheptel caprin évalué à 27.393 têtes, dont 13.238 dans la commune de Bordj Badji Mokhtar.
n A. L.