Banque de l’habitat : Les experts saluent une décision pertinente

Le président de la République a instruit, dimanche en Conseil des ministres, le ministre des Finances de préparer un texte de loi relatif à la création d’une banque de l’habitat. Une décision qualifiée de «bonne initiative» par des experts en économie. Cette banque aura pour mission, disent-ils, de financer l’habitat devant la forte demande.

Selon Nabil Djemaâ, professeur universitaire, économiste et expert financier, la banque «servira à construire de l’habitat pour les classes moyennes et démunies». Relevant que dans le passé, «la politique du logement n’a pas fonctionné», il soutiendra qu’«avec cette banque, l’Algérie va basculer de la politique du logement à la politique de l’habitat». Plus précis à cet égard, il note que «cette politique de l’habitat va encourager, par le biais de cette banque et donc de l’Etat, l’acquisition d’un logement pour les bas et les moyens salaires, ce qui n’était pas possible dans le passé avec les anciens dispositifs». Toutefois, de l’avis de Djemaâ, le seul problème qui persistera résidera dans «la justice en matière de distribution des logements». «Le Président veut créer une banque de l’habitat pour que les citoyens aillent vers les banques directement», estime-t-il.  Selon lui, i l’on continue à donner aux APC, aux daïras et aux wilayas la prérogative du logement, le problème du logement ne va pas se résoudre».
De son côté, Brahim Guendouzi, consultant et professeur en économie à l’Université de Tizi Ouzou, juge que c’est une bonne chose de créer une banque de l’habitat, au motif que «ce sera la septième banque publique qui aura à diversifier l’offre bancaire dans le système financier national». Plus précis, il relève que cet établissement financier «aura pour première mission de financer les programmes de logements». Notant l’importance de ce programme dans notre pays, il précise qu’«il y a la dimension du logement social, mais aussi d’autres formes de promotions immobilières et l’auto-construction en milieu rural». De son avis, la question des financements reste cruciale face à cette forte demande de logements dans toutes ses formes. L’autre mission qui sera dévolue à cette banque sera «la mobilisation de l’épargne des ménages», note-t-il, arguant que «jusqu’à aujourd’hui, l’épargne est insuffisamment canalisée». De l’avis du professeur Guendouzi, «ça va permettre la bancarisation des Algériens parce qu’il y a beaucoup de faiblesses en la matière, du fait qu’il y a beaucoup d’argent dans l’informel». Dans le même ordre d’idées, il fera observer que «la banque de l’habitat permettra aussi une spécialisation sectorielle puisqu’il va y avoir un accompagnement des entreprises du bâtiment qui seront des clients de la banque».
Fatma-Zohra Hakem