Barrages : Lafarge se lance dans la valorisation de la vase

Deux conventions de partenariat ont été signées, ce lundi , par Lafarge Algérie dans le cadre du développement durable. La première avec l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) et l’Université d’Aïn Témouchent pour le développement d’une démarche de valorisation de la vase des barrages dans la production de ciment et la préservation des ressources naturelles. La seconde avec l’association «Récifs» porte sur la mise en place de logements pour poissons afin de repeupler le littoral de la baie d’Alger.

Concernant la première convention, Nicolas George, directeur général de Ciment de M’sila, représentant du groupe Holcim Algérie, a expliqué, lors d’une rencontre organisée à l’Ecole supérieure algérienne des affaires sur l’économie circulaire, que «ce partenariat permettra d’étudier les possibilités d’exploitation de la vase des barrages pour récupérer l’argile et l’intégrer dans le processus de fabrication du ciment». «Ducoup, nous allons contribuer à la réduction des seuils d’envasement et surtout préserver les ressources naturelles qui se trouvent à proximité des cimenteries», a-t-il ajouté. Il a précisé que l’opération pilote touchera les wilayas d’Oran et Mascara et dans une seconde phase M’sila et Biskra. Pour sa part, Ali Boutata, directeur central à l’ANBT, a fait savoir que ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’une convention qui lie le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique pour développer la recherche. «La plupart de nos barrages sont envasés et fonctionnent à moitié de leurs capacités», a souligné le Pr Hafida Marouf de l’Université d’Aïn Témouchent. Pour elle, l’opération donnera une nouvelle vie à la vase entreposée dans des retenues, va libérer des zones d’entreposage et protéger l’environnement. «Suite à des études sur la vase récupérée du barrage de Bou-Hanifia, les sédiments issus du dragage ont montré un comportement comparable à celui de l’argile. Comme perspective, nous souhaitons que l’expérience soit généralisée à tous les barrages et ainsi résoudre définitivement le problème du stockage de la vase.»
Concernant la convention avec l’association Récifs, elle porte sur un projet pilote d’immersion des récifs artificiels dans la baie d’Alger. «Notre objectif, explique le président de l’association, Mohamed Kacher, professeur en sciences de la pêche, est de créer une biodiversité, une zone de pêche pour les pécheurs artisans, protéger la zone contre la pêche chalutière, la protection des géniteurs et l’alimentation des zones de pêche chalutière en alevins. Nous allons étudier la zone d’immersion des récifs. Lafarge va nous accompagner durant trois à cinq ans».
Au sujet du traitement des déchets, Nicolas George fait savoir que Lafarge a traité,en2020,11.000 tonnes dans ses unités. S’agissant de la crise du ciment, il a fait savoir qu’une baisse de 10 à 15% a été enregistrée sur la demande, alors que les capacités de production sont importantes. Lafarge compte enfin augmenter ses capacités d’exportation de 2,5 millions de tonnes en 2021 à 3 millions à la fin de l’année. Selon lui, «le groupe Gica finira de loin le premier en termes d’exportation».
Wassila Ould Hamouda