Benabderrahmane : «La dépense fiscale doit être compensée par la création de la richesse et des emplois»  

 La dépense fiscale qui coûte à l’Etat des montants  colossaux annuellement doit être compensée par la création de la richesse et des emplois, a souligné le Premier ministre et ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane qui a fustigé le faible rendement de cette dépense ces dernières années.

Supervisant la clôture des travaux de la Conférence nationale sur la relance industrielle au Centre international de conférence (CIC), le  Premier ministre a fait remarquer que le « rendement économique et social de la dépense fiscale devrait être un critère pour mesurer l’efficience et l’efficacité. La création de la richesse et des postes d’emploi doit être à la hauteur des avantages et exonérations fiscales consentis par l’Etat ».  M. Benabderrahmane a cité à titre d’exemple les niveaux de la dépense fiscale qui « ont atteint plus de 1.500 milliards de DA en 2018 et 2019 seulement, soit près de 10 Mds USD ».  Cette dépense (avantages et différentes exonérations fiscales) a concerné les projets inscrits dans le cadre de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), les dispositifs de soutien à la création des activités, ainsi que les exonérations des taxes douanières.
Pour le Premier ministre, « ces chiffres ne doivent pas être considérés comme de simples statistiques, mais comme des indicateurs pour l’évaluation de l’efficience et de l’efficacité ».
Et d’ajouter : « Ces montants colossaux auraient dû soutenir le trésor de l’Etat, puisqu’ils n’ont pas accompli le but escompté, à savoir la création de richesses et de postes d’emploi, et partant, booster le développement ».
Révision de l’approche en matière d’octroi des incitations à l’investissement
Le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane a affirmé, d’autre part, qu’il sera procédé à la révision de l’approche adoptée en matière d’octroi des incitations à l’investissement pour s’inscrire dans une nouvelle approche excluant « les rentiers » et privilégiant les véritables investisseurs. Intervenant au terme des travaux de la Conférence nationale sur la relance industrielle, en présence du ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, M.  Benabderrahmane a fait état de « plus de 10 milliards Usd octroyés (en 2018 et 2019) au titre des incitations et facilitations aux investisseurs sans contrepartie (…) », annonçant « la révision future de ces approches et incitations dont continuent à bénéficier les rentiers ».
La nouvelle approche, poursuit-il, vise l’octroi des incitations et facilitations « aux véritables investisseurs partout dans le pays ». Ont été lues, à l’issus des quatre ateliers déclinés sur deux jours, les recommandations à travers lesquelles les participants ont cristallisé une nouvelle stratégie de relance de l’industrie nationale et, partant, de  l’économie nationale.