Benabderrahmane : «Mettre  la recherche scientifique au service de l’économie»

«Les résultats obtenus dans le domaine de la recherche scientifique n’ont pas encore atteint ce à quoi nous aspirons». C’est ce qu’a déclaré, ce samedi, le premier ministre, Aïmene Benaberrahmane, lors d’une cérémonie d’installation du Centre national de la recherche scientifique et des technologies (CNRST), organisée au CIC à Alger.

Le Premier ministre a rappelé, dans ce sillage, que la création d’un dynamisme pour favoriser le développement technologique et l’innovation ne repose pas uniquement sur les épaules d’un secteur ou d’une entité spécifique.  « Il s’agit d’une responsabilité collective, dans le cadre d’une approche globale basée sur une vision prospective avec des objectifs clairs», a-t-il précisé. En présence de plusieurs membres du gouvernement et d’éminents chercheurs, à leur tête Mohamed Tahar Ayadlia, président du CNRST,  Benabderrahmane a souligné l’importance que revêt ce Conseil. « En tant qu’organe constitutionnel, il œuvre à assurer la communication et la coordination avec l’ensemble des acteurs du domaine de compétence, au développement de la recherche en matière d’innovation technologique et scientifique, et à proposer des mesures d’évaluation de l’efficacité des systèmes nationaux de valorisation des résultats de la recherche au profit de l’économie nationale », a-t-il souligné.  Pour le Premier ministre il s’agit de réaliser un saut qualitatif dans le domaine de la recherche et de l’innovation.
57 milliards DA dédiés la recherche scientifique en 7 ans
«Notre pays dispose d’énergies et de compétences scientifiques de haut niveau, qui ont fait leurs preuves dans les universités les plus prestigieuses au niveau international. La recherche scientifique est plus que nécessaire pour suivre le rythme du développement technologique important et rapide dans le monde à tous les niveaux», a-t-il  ajouté mettant en avant l’apport  de la recherche scientifique qui répondra aux besoins de tous les secteurs afin de parvenir à une croissance durable. Dans ce cadre, il a souligné l’effort consenti pour développer des pôles d’excellence dans certaines spécialisations, et améliorer l’environnement de la recherche scientifique et technologique.
Côté financement, Benabderrahmane  a fait savoir que ce secteur dépendait à 100% du budget de l’Etat, que ce soit par le biais du Fonds national de la recherche scientifique et du développement technologique (FNRSDT) ou par des subventions de l’Etat dans le cadre des budgets alloués aux établissements de recherche sectoriels. Les dépenses de la recherche et du développement scientifique ont atteint près de 57 milliards de dinars entre 2015 et 2021, soit une moyenne de plus de 8 milliards de dinars par an, et cela au titre du Fonds spécial pour la recherche scientifique et le développement technologique uniquement, sans inclure les allocations financières dans les budgets des départements ministériels et autres institutions de l’Etat. Ces investissements ont permis, a-t-il précisé, la création de nombreuses structures de base de recherche, citant entre autres les laboratoires de recherche, dont le nombre était de 1 661 à la fin 2021, auxquels s’ajoutent 29 centres de recherche, 43 unités de recherche et 24 stations expérimentales. Benabderrahmane a mis en exergue le grand développement qu’ont connu certains centres de recherche, en particulier ceux affiliés à l’Agence spatiale algérienne, qui constitue un exemple à suivre.
Peu de publications universitaires
D’autre part, l’encadrement des ressources humaines a connu un développement remarquable, a ajouté le Premier ministre, indiquant que le nombre d’enseignants chercheurs dans les laboratoires de recherche est passé d’environ 8.000  en l’an 2000 à 40.500 à la fin 2021, soit une augmentation de plus de 400%.  Mais pour le chef de l’Exécutif  malgré cette forte augmentation, le nombre de chercheurs permanents dans les centres de recherche n’a pas dépassé 2.219. En outre, le nombre de brevets d’invention déposés n’a pas dépassé les 420 en 2021. Autre hiatus : sur 86.500, e publications scientifiques seulement 219 sont enregistrées dans l’indice Hirsch (H.Index). «C’est très peu», a-t-il jugé.
De ce fait, il a appelé à améliorer la classification de nos universités et institutions de recherche, insistant sur le capital humain et intellectuel. Le Premier ministre  a indiqué que le gouvernement s’attelle à la mise en œuvre des projets inscrits dans le cadre des programmes nationaux de recherche pour la période 2020-2026. Dans un premier temps, 124 projets de recherche ont été acceptés parmi les recherches qui correspondaient aux exigences des projets qui constituent des priorités dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la sécurité énergétique et de la santé. En seconde phase, seront inscrits 150 projets, a-t-il dit, mettant en avant les facilitations à opérer, notamment en matière d’enregistrement des brevets ainsi que la réduction des coûts de dépôt et d’enregistrement, en plus du renforcement de leur protection.
Wassila Ould Hamouda