Bilan de la campagne électorale: Mission ardue mais accomplie

La période de réserve a commencé et toute activité à caractère électoral doit cesser. C’est l’heure du silence précédant le jour «J». En effet, trois semaines durant, les candidats en lice se sont livrés à une compétition effrénée pour rallier à leur cause le maximum d’électeurs. Ont-ils été à la hauteur de l’événement et des attentes? Le pari est-il gagné ?
Le politologue Samir Mahrez se montre pessimiste quant à l’ambiance suscitée par cette campagne qu’il qualifie de «morose». De son point de vue, cette étape cruciale du scrutin a brillé plutôt par un manque d’engouement citoyen. Lequel n’a pas porté une grande attention à cette étape qui devait le concerner directement. «La campagne a été frappée d’une forte tiédeur. Son niveau n’est pas du tout appréciable. L’échec accusé durant le dernier mandat électoral dans différents secteurs, notamment le logement et la santé, s’est répercuté sur la campagne. Le développement local ne s’est pas épanoui. Les candidats ont eu ainsi du mal à convaincre des citoyens marqués par les fausses promesses des élus sortants. Le fossé s’est fortement creusé entre eux. D’où la difficulté ressentie sur le terrain, particulièrement par les indépendants», explique-t-il, non sans faire remarquer que les candidats ont nonobstant adopté «les mêmes discours qui se sont appuyés notamment sur les réseaux sociaux». Mahrez tient à saluer toutefois la qualité des candidats qui sont majoritairement des universitaires et des diplômés. Ce qui est de nature, dit-il, à imposer une nouvelle donne électorale et même une forte participation au scrutin. Il constate que cette fois-ci, l’opération n’est pas dominée par des candidats partisans exerçant la politique à des fins personnelles. Il pense que les universitaires et les compétences qui se sont engagés dans la course sont aptes à faire la différence.
Un élan qui sera consolidé, selon lui, par les lois réformées dans le sillage de l’amendement constitutionnel de 2020, par souci de permettre l’émergence d’une nouvelle génération d’élus. «Il existe des P/APW qui n’ont même pas le bac. Il faut donner la chance aux compétences pour que le rendement soit meilleur au profit du développement local» souligne-t-il, en prévoyant un taux de participation plus important à ces locales comparativement aux dernières élections. Pour cause, il s’agit d’une échéance qui concerne «directement le citoyen». Houari Saâdia, sociologue à l’Université de Tissemsilt, abonde dans le même sens en disant que la réussite des locales susciterait assurément une forte participation. Il écarte ainsi le spectre de l’abstention, tout en précisant que les électeurs «voteront sur des individus et non sur des programmes». Il pense qu’on est loin de ce genre de comportement électoral. Il table sur un taux de participation de plus de 35%, expliquant que les candidats seront portés surtout par leurs familles et proches. Du côté des partis politiques, la satisfaction est à son comble. Safi Laârabi, chargé de communication du RND, confirme que les meetings des chefs de parti ont drainé des foules. Il pense que cette campagne est meilleure que toutes les autres. «Le passage des partis a été remarquable. Ils ont suscité une forte mobilisation. Les chaînes de télévisions sont témoins que les salles étaient archicombles.

Un feedback positif
La campagne a été pleinement exploitée pour faire passer nos messages», confirme-t-il pour lever toute équivoque sur l’efficacité et la crédibilité de cette campagne. Il explique que les conditions de réussite existent et il faut juste y croire. Nacer Hamdadouche, cadre et ancien député du MSP, confie, lui aussi, que son parti est satisfait de la campagne menée par son parti. «En dépit des conditions exceptionnelles dans lesquelles s’est déroulée la campagne de ces locales anticipées, on constate un feedback positif pour ces élections, à commencer par la collecte des signatures jusqu’à cette campagne. Nos listes n’ont pas été rejetées. Elles ont été largement adoptées par les citoyens et nous souhaitons qu’elles arrachent le quitus final. Le travail mené directement avec les citoyens dans le cadre des rencontres de proximité a porté ses fruits. Je souhaite que cette ambition soit couronnée par une forte participation au scrutin, sachant que le comportement électoral est défini par plusieurs facteurs», soutient-il. La campagne est donc diversement appréciée. Sa véritable portée sera confirmée le jour «J».
Karima Alloun