Biskra : Sidi Zarzour, le mausolée qui résiste à la furie des eaux  

Le tourisme religieux peut attirer de plus en plus d’adeptes en Algérie. Aux quatre coins du pays se dresse une infinité de  mausolées et de lieux sacrés. On peut visiter par ici une mosquée millénaire et ailleurs une Zaouia qui a joué un rôle dans l’histoire du pays.  Cela sans compter l’aura incommensurable dont jouissent des hommes comme Saint Augustin dont des millions de personnes voudraient redécouvrir les lieux où ils a vécu et travaillé dans l’Est Algérien.

Depuis la nuit des temps, les Algériens  accordent  une importance particulière  au pèlerinage qui ne se limite pas  à celui qui est entrepris vers les Lieux Saints de l’Islam mais se décline également en de multiples expressions. La volonté politique peut faire vivre ce «tourisme de la foi»  et lui donner d’autres ambitions
Les investisseurs peuvent y trouver un intérêt  rentable  et ne plus cantonner le créneau dans le carcan étroit d’un folklore un tantinet désuet. La wilaya de Biskra, capitale des Zibans, a ce  privilège d’abriter d’innombrables  lieux mythiques. Outre les ruines romaines,  on trouve la tombe de Hizia qui a inspiré le magnifique poème de Benguiitoun . Ces vestiges attestent que la   région a été habitée à l’aube de l’histoire.
Biskra, d’un charme incontestable, a toujours attiré des hommes de religion en quête d’absolu. Elle n’abrite pas seulement la tombe de Okba, le conquérant de l’Afrique du Nord. Sidi Zarzour,appelé aussi  sidi Zarzour Qessam El Ouidan est tout aussi prestigieux. De son vrai patronyme  Abou Abd Allah Ben Abderrahmane Ben Zarzour ou Zarzar, il a   vécu au iXe siècle de notre ère. Comptant  parmi les plus anciens cheikhs de la région, il s’est senti la responsabilité d’enseigner le Saint Coran, différentes sciences et la  grammaire arabe. L’homme était aussi un  grand connaisseur de la jurisprudence et de la poésie.
La  petite bâtisse en forme circulaire résiliente où il est enterré  est visible de très loin et se signale  par sa couleur blanche et verte. Elle s’élève en plein oued qui traverse le centre-ville de Biskra e tporte d’ailleurs son nom comme pour attirer l’attention.
Quelle que soit la force des eaux, ses parois n’ont jamais été endommagées. La  population locale considère cette résilience aux inondations comme un miracle.
Les ennemis de la saine compréhension de l’Islam ont tenté de bruler le mausolée. En 2013, un groupe d’extrémistes y a mis le feu.  Une  partie du toit en bois de palmier, le tissu qui couvre le catafalque et les tapis, ont été brûlés.
L‘acte sacrilège avait suscité indignation et colère parmi les habitants de la Reine des Zibans.  Aujourd’hui, la porte de ce mausolée est  ouverte. Une fois par an, entre novembre et décembre, la direction locale  du tourisme et de l’artisanat organise le «Maoussem Sidi Zarzour»  pour mettre en valeur le potentiel touristique de la région, promouvoir le tourisme religieux, son artisanat et sa richesse musicale. Le  lieu sacré attire alors des centaines de visiteurs venus des quatre coins du pays. Pour beaucoup d’entre eux, il suffit d’allumer une bougie pour se voir prodiguer de la Baraka.
 Samira Belabed
 
 
 
 
 
 
 
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