Blida : A celui qui se lève tôt

Tous les commerçants à Blida s’accordent à dire que la pénurie du lait en sachet subventionné est due à l’offre qui ne couvre pas les besoins du marché. Ils estiment également que cette situation pousse à la spéculation, comme cela se fait, disent-ils, dans tous les pays.

A Blida, la rareté du lait en sachet se fait sentir. Il faut se lever très tôt la matin pour pouvoir s’en approvisionner. La distribution de ce produit se fait généralement à partir de 6h, provoquant une chaîne interminable. En ce mois de Ramadhan, après l’accomplissement de la prière d‘El Fedjr, les fidèles se dirigent ensuite vers les crémeries pour être parmi les premiers à acquérir le précieux liquide. «On est à la merci du distributeur. S’il arrive, on distribue, s’il ne vient pas, il n’y aura pas de distribution. Une journée manquée provoque une forte demande sur le produit», explique Abdelkader, un revendeur de lait en sachet au quartier de Zabana à Blida. Ce dernier est approvisionné par des distributeurs de la laiterie publique de Birkhadem et autres privés. Il est le revendeur de lait le plus connu à Blida, car la disponibilité du produit subventionné et non subventionné est souvent assuré. La quantité produite par la laiterie privée de Beni Tammou ne couvre même pas la commune de Blida et ce, à cause de la faible quantité de poudre de lait fournie par l’ONIL à ce producteur de produits laitiers. Une aubaine pour les spéculateurs qui revendent le produit, au vu et au su tout le monde, à 40 DA sachet. «C’est le distributeur qui augmente à chaque fois sa marge bénéficiaire. On le cédait à 35 DA le sachet, mais en ce mois de Ramadhan, le distributeur a augmenté sa marge en avançant des arguments liés aux frais de déplacement et de consommation de carburant», un jeune dont la marchandise a fait l’objet de saisie à plusieurs reprises par des agents de contrôle.
«Finalement, il rend service à la population. Il se débouille avec le distributeur pour ramener le lait introuvable et le vendre pour gagner quelques dinars de plus. Moi, je trouve que c’est de bonne guerre, car ce jeune nous rend nous aide à nous procurer le lait, car sans lui, on est privé de ce produit primordial pour nos enfants», explique une dame qui s’interroge sur ce problème d’indisponibilité de lait en sachet. «Même le lait non subventionné, produit par les laiteries privées, n’est pas disponible. Il semble qu’ils ont arrêté la production», lance-t-elle.
M. Benkeddada