Blida : Jadis…

La ville de Blida, connue pour  la culture des fleurs, depuis l’arrivée des Andalous, voit cette immémoriale tradition par presque se perdre.

Jadis, chaque maison disposait d’un espace d’où se répandaient les effluves de jasmin et des fleurs. Les familles prenaient leur café le matin et surtout l’après-midi dans la cour sous d’immenses branches de jasmin et des rosiers. Sur la table (Meïda), la présence de l’assiette pleine de fleurs de jasmin et cette petite bouteille de l’eau de est indispensable.
Ces  traditions ont fini de disparaître chez la majorité des familles bousculées par la  modernité.  Hadj Mohamed Guessoum, septuagénaire, exploitant une pépinière, se souvient du bon vieux temps où Blida portait fièrement le nom de la ville des roses. L’homme, qui a appris le métier auprès de ses ancêtres, ne cache pas son amertume de voir le béton envahir le moindre espace de verdure. «Les fleurs, les roses, n’ont plus de place dans la vie de la population. Le vieux bâti, composé de maisons de styles arabe et coloniale, se font démolir. Une après l’autre, elles sont remplacées par des cités sans âme oùil n’existe pas le moindre petit espace de verdure». «Moins de 30% de la population garde la culture des fleurs.
Devant la saturation de l’exploitation des terrains agricoles dans la Mitidja, Hadj Guessoum a été contraint de louer un terrain dans la wilaya de Boumerdes pour mettre en place une nouvelle pépinière. «Je ne sais pas faire autre chose, que de cultiver des fleurs, des citronniers, des multiples rosiers, des variétés de palmiers et autres plantes. Aujourd’hui, ces plantes sont achetées par des clients qui viennent des quatre coins du pays. De Batna, de Constantine, d’Oran et même de certaines wilayas du Sud. Cela, pour vous dire, que c’est grâce à l’exploitation des pépinières que la culture des fleurs et de la verdure sont acheminés vers d’autres wilayas du pays», argumente le vieux Guessoum qui s’appuie sur sa canne. «Chaque génération a son temps. Le nôtre, était meilleur», dira-t-il, en soupirant.
Après avoir évoqué les festivités pour célébrer la bataille des roses, durant la période coloniale, Guessoum n’a pas omis de mentionner les travaux d’artisanat pratiqués par les familles qui excellent dans la distillerie pour obtenir des extrait de l’eau de rose, de fleurs et surtout de jasmin. «Des producteurs de parfum renommés viennent, à l’époque, de France pour acheter les extraits de jasmin et de roses. Des Blidéens se sont enrichis grâce à ce commerce. Aujourd’hui, tout s’est arrêté. Même les festivités pour célébrer le printemps blidéen des roses a disparu avec la culture de l’amour des fleurs», regrette le vieux Guessoum pour qui, il est difficile d’y remédier avec une génération qui maîtrise mieux le langage des nouvelles technologies que le langage des fleurs.
Pour rappel, un salon des fleurs se tient à Blida jusqu’au 30 avril. Des horticulteurs, fleuristes et pépiniéristes de la wilaya exposent des variétés de fleurs et plantes.
Mokhtar B.