Blida : Les promoteurs font la loi

Les constructions lancées par les promoteurs privés ont métamorphosé le paysage de la ville de Blida. Des bâtiments qui poussent comme des champignons ont effacé le vieux bâti qui remonte à l’ère ottomane. Les promoteurs s’arrachent les assiettes foncières du centre-ville pour ériger des bâtisses de plusieurs étages en un temps record. Cependant, des citoyens interpellent les autorités à l’effet d’interdire ces constructions en hauteur au milieu de quartiers résidentiels, ouvrant la voie à des batailles juridiques. Mais le bras de fer a fini par être gagnée par des promoteurs qui ne reculent devant rien pour ériger des bâtiments au milieu de villas, poussant les propriétaires de celles-ci à vendre leurs biens. Plus de 1.000 logements ont été bâtis en ville sous forme des cités de plus de dix étages sans aucun espace de verdure. Aucun responsable n’a pu intervenir pour arrêter ce massacre. «Imaginez 1.300 logements construits en plein centre-ville. La majorité des locataires ont des véhicules, comment vont-ils pouvoir entrer et sortir en même temps», lance un gérant d’une cafétéria. Le projet, qui est achevé à 90%, est occupé par des locataires dont certains ont mis déjà leurs logements en vente ou en location. Le promoteur aurait des problèmes de payement avec la banque qui a engage un administrateur pour récupérer ses fonds.
Logements LSP et LPA à l’arrêt
Par contre, l’Agence de gestion et de régulation foncière fait face à des difficultés depuis des années. Des projets de logements de type LSP et LPA lancés à Boufarik, Ouled Yaïch et dans d’autres communes sont aussi à l’arrêt depuis plusieurs années. L’Agence n’a plus les moyens de financer les projets dont la réalisation de certains a déjà atteint une avancée considérable. Des projets similaires attribués à des promoteurs privés connaissent le même sort.
La situation s’est même compliquée, puisque des promoteurs ont transformé les projets de la formule LSP en promotionnels. Des sit-in de protestation ont été organisés par les souscripteurs, en vain. Profitant du mutisme des autorités, les promoteurs, en plus de s’être accaparés d’assiettes de terrain, augmentent les prix des logements. Les walis qui se sont succédé n’ont pu imposer la loi de la République en rétablissant les souscripteurs dans leurs droits.
M. Benkeddada