Bordj Badji Mokhtar – Transport de voyageurs Un vaste chantier pour combler le déficit 

A Bordj Badji Mokhtar, le transport de voyageurs, que ce soit en intra muros ou en extra muros, est quasiment inexistant. Exceptées les liaisons aériennes, notamment celles qui relient quotidiennement cette ville à Adrar, aucun opérateur n’assure les dessertes par route.

«Bordj Badji Mokhtar, nouvellement promue au rang de wilaya de plein exercice, est un vaste chantier, dont la finalité des programmes lancés ou prévus est de rattraper le retard qu’elle accuse en termes de disponibilité de moyens de transport de voyageurs», affirme Aïssa Belloula, directeur des transports à Bordj Badji Mokhtar. Et d’ajouter : «Actuellement, nous sommes en train de préparer le plan de circulation et de mettre en œuvre une feuille de route, dont les objectifs tracés seront réalisés graduellement, à savoir à moyen et à long terme.» Il s’agit donc, à moyen terme, d’introduire le transport urbain, particulièrement les services taxi pour ensuite prévoir le lancement des dessertes des grandes lignes, reliant entre autres Bordj Badji Mokhtar à Adrar et à Timiaouine. Selon le directeur des transports, la mise en place de ce réseau de transport des voyageurs, particulièrement les grandes lignes, est tributaire de l’état des infrastructures routières. En effet, le tronçon de la RN06 reliant Reggane à Bordj Badji Mokhtar connaît une dégradation de nombre de ses sections. Une situation qui a contraint, il y a de cela trois mois, un opérateur d’arrêter l’exploitation de la ligne Adrar-Bordj Badji Mokhtar. Une situation qui ne risque pas de durer longtemps, dès lors que des projets de réhabilitation de la route en question sont déjà lancés. Il faut savoir qu’actuellement pour se rendre par route à Adrar, distante de 800 km de Bordj Badji Mokhtar, il faut en moyenne une durée de trajet de 12 à 14 heures.
«Bordj Badji Mokhtar n’a été promu que récemment au rang de wilaya de plein exercice. Ce nouveau statut lui ouvre de facto de larges perspectives à même de consolider en premier lieu sa base infrastructurelle. Au fur et à mesure que les infrastructures routières seront rénovées et consolidées, action qui a déjà été entamée, la feuille de route de notre secteur sera progressivement appliquée», souligne Aïssa Belloula. «Nombre d’opérateurs ont déjà formulé leur souhait d’investir dans les lignes de transport de voyageurs, particulièrement pour les grandes lignes avec des moyens de transport modernes répondant aux attentes des voyageurs», a-t-il ajouté. «A mon avis, ce vaste chantier visant à doter notre wilaya d’un réseau de transport de voyageurs étoffé que ce soit en intra muros et en extra muros et en inter-wilayas sera concrétisé au fur et à mesure, car c’est une priorité qui revêt une importance capitale que ce soit au niveau de la wilaya ou bien au niveau central», assure le même vis-à-vis. Dans ce registre, le directeur a annoncé que Bordj Badji Mokhtar bénéficiera, à l’instar des neuf autres wilayas promues dernièrement, d’une flotte de bus de transport urbain. Cette décision a été prise par le ministre des Transports lui-même, dans le cadre de l’accompagnement des wilayas naissantes. En attendant que la wilaya puisse disposer de son réseau de transport de voyageurs terrestre, le directeur des transports annonce une bonne nouvelle. «Eu égard à la forte demande sur les vols reliant Adrar à Bordj Badji Mokhtar dans les deux sens et sur instruction du wali, il a été formulé, en accord avec le ministère de tutelle, aux deux compagnies nationales (Air Algérie et Tassili Airlines) de doter cette ligne aérienne d’avions de grandes capacités (Boeing) pour satisfaire la demande exprimée. En effet, actuellement, seuls les ATR en assurent la correspondance quotidienne.» «Prochainement, cette sollicitation sera satisfaite», confie Aïssa Belloula, pour qui le rang de wilaya de Bordj Badji Mokhtar changera positivement la situation. «Non seulement, nous allons rattraper le retard qu’accuse le secteur des transports dans la wilaya, mieux encore, notre secteur sera un vecteur pour le développement local, notamment le tourisme, dès lors qu’on assurera une mobilité optimale à travers les deux communes de la wilaya, tout en garantissant des liaisons avec d’autres wilayas. Pour nous, c’est plus qu’une priorité», conclut Aïssa Belloula.
 A. L.