Boualem Amoura, SG du Syndicat des travailleurs de l’éducation et de la formation : «On demande beaucoup de fournitures scolaires à l’élève»

Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), appelle les collectivités locales à voter un budget en faveur de l’aide à l’achat des fournitures scolaires pour les familles à faible revenu, estimant qu’«on demande beaucoup de fournitures scolaires à l’élève».

Ne pensez-vous pas qu’on demande beaucoup en termes de fournitures scolaires aux élèves ?
On demande beaucoup de fournitures scolaires aux élèves, car ils étudient beaucoup de matières. Quand vous avez un enfant au primaire qui étudie 12 à 13 matières, il est clair qu’on lui demandera beaucoup de fournitures en consacrant un cahier pour chaque matière. Alors qu’avant, on pouvait consacrer un cahier pour deux matières comme quand on mettait dans un même cahier une partie pour les maths et une partie pour la géométrie. Et là parfois, il est demandé aux élèves d’acheter plusieurs cahiers pour une même matière ou même des registres qui font plus de 400DA. Il y a aussi des enseignants qui demandent de gros cahiers pour toute l’année. Ce n’est pas logique et pas raisonnable du moins. Il faut laisser le libre choix pour l’élève, l’élève peut acheter un cahier de 80 pages et qu’on il est rempli, il peut en acheter un autre. L’essentiel est que le cahier soit bien entretenu. Mais pourquoi demander un registre à l’élève quand il peut acheter un simple cahier ? De plus, cette année les fournitures scolaires sont plus chères du fait de l’augmentation du prix du papier et des stylos.
Les fournitures scolaires sont-elles très onéreuses selon vous ?
C’est trop cher, surtout pour une famille avec plus de3 enfants scolarisés où vous allez acheter un minimum de 6.000 à 7.000DA de fournitures scolaires. C’est beaucoup.
L’école peut-elle aider les parents à faibles revenus dans l’achat des fournitures scolaires ?
Les écoles n’ont pas de budgets pour ça. Dans les pays capitalistes, ce sont les départements ou les régions qui aident et donnent des subventions aux élèves pour l’achat des fournitures scolaires. Il faut que les collectivités locales (APC et APW) votent un budget avant la rentrée pour subventionner l’achat des fournitures scolaires pour les élèves. Cela permettra d’alléger la charge sur l’épaule des parents.
Beaucoup de parents n’arrivent pas à subvenir aux fournitures compte tenu de l’érosion du pouvoir d’achat. Qu’en pensez-vous ?
Oui, c’est le cas. Beaucoup de familles ont le stress des fournitures scolaires qui ne sont pas les seules à saigner les ménages. Il y a aussi l’achat des vêtements, les livres scolaires, c’est pour cela que les parents d’élèves sont dépassés à la rentrée scolaire.
L’aide dans les achats des fournitures scolaires peut-elle venir des associations ou des collectivités locales ?
Il y a des associations qui peuvent le faire, mais c’est insuffisant. Nous, on demande aux collectivités locales d’aider en effet au travers d’achats des trousseaux scolaires, car elles ont un budget. Et les écoles ne disposent pas de budget pour pouvoir le faire, et je parle en connaissance de chose.
Entretien réalisé par Fatma-Zohra Hakem